ACTE li SCÈNE X; i6i
ARLEQUINi
Optifne. C'est une année bien glissante , et vous courrez risque de vous y casser le cou. Et la fille est àgée?.é;
LE DOCTEURi
De vingt ans, bu enVirori.
iRLËQXJlNi
Ah! que cela est bien fait! Quand oh n^à plus de dents, on nesauroit prendre la viande trop tendre.
LE DOCTEUR
Je voudrois bien savoir^ monsieur, par le moyen de votre Bouche de Vérité, quel sera mdn sort dana le mariage.
ARLEQUIN
C'est-à-dire que vous voudriez bien savoir si votre future ne vous enregistrera point dans le grand cata-
logue où Yulcain est à la tête.
LE DOCTEUR
Vous Tâvez dit; et j'aurois une petite démangeaison d'apprendre ma destinée sur ce chapitre-là.
ARLEQUIN
c'est agir prudemment; il vaut mieux s'en éclàircir avant le mariage j que de vouloir en être instruit quand on est marié. Il faut aller à la Bouche de Verite, et vous essayer le bonnets
LE DOCTEUR
Comment ! qu'est-ce que cela veut dire?
ARLEQUIN prend le bonnet.
Voilà un bonnet qui ne s'est jamais trompé en sa 6^ lï
i6a LA FOIRE SAINT-GERMAIN.
vie; et s'il change de figure sur votre tête, c'est que vous serez coiffé à la moderne.
LE DOGTBUR.
Oh! mettez, mettez; je ne crains rien. (Ailcqainim
met le bonnet, qui aussitôt se change en croissant. )
LA BOUCHE 0£ VÉRITÉ duwte.
Console-toi d'avoir sur ton turban Les armes qu'on révère en Tempire ottoman ; On les porte par tout le monde,
Et j'en voi Qui, malgré leur perruque blonde.
Ne sont pas mieux coiffés que toi. ^
(Le docteur se regarde dabs un petit miroir qui est sur la table de la
fiouche de Vérité , jette de dépit le bonnet , et s*eo Ta. )