‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 136 sur 181 · ACTE III, SCÈNE XI. i^n · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XI. i^n

Ne peuvent long-temps s'accorder.

Toujours au chant du ( <)<| la poule se réveille; Mais quand !e coq s'endort, la poule a beau chanter,

Elle n'est jamais entendue; Et Tépoux, en rontlant la basse continue,

L'oblige bien à déchanter.

LE DOIIMEUR.

Plus d'un mari qui m'écoute Voudroit, en certain temps, pouvoir dormir bien fort Car quand on dort, On ne voit goutte. •

ARLEQUIN

Dormir trop fort aussi, donne un autre chagrin ;

Car souvent, la femme irritée, Voyant que son époux dort d'un sommeil malin,

S'en va, n'étant point écoutée, Chercher, pour l'éveiller, le secours d'un voisin.

Mais, je m'en vais faire avancer toutes mes sultalies: vous les verrez; et, s'il y en quelqu'une de votre

goût, vous la prendrez. ( Les sultanes s'avancent. ) (Il réveille

le dormeur.) Hé! il ne faut pas dormir, quand il est question de choisir une femme; les plus clairvoyant? n'y voient pas assez clair. Réveillez-vous donc. Tenez, en voilà une qui sera bien votre fait; car elle chante toujours. Avancez, là belle.

LA CH A NTEUSE, en sultane, chante.

Époux, qui possédez un objet plein d'appas. Ne vous endormez pas ; Gardez bien votre conquête

Contre les veilles d'un amant :

Car, bien souvent, ,#

Le mari se réveille avec un mal de tête Qu'il n'avoit pas en s'endormant.

ARLEQUIN chante sur l'air de Pierre Bagnolet*

La femme est une place ennemie, Que tôt ou tard on assiégera :

Il faut toujours qu'un mari crie :

Qui vive? qui vive? qui va là?

Veille qui pourra !

Si la sentinelle est endormie, Dans le corps-de-garde on entrera,

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