‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 145 sur 181 · ACTE III, SCÈNE XVI. -j · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XVI. -j

ANGÉLIQUE

Ne vous fûclicz point, monsieur le docteur ; si vous me donnez i^ ce sauvage-là, il ne vous demandera jamais compte de mon bien.

LE DOCTIiUR.

Il ne me demandera point de compte? Qu'il remmène donc au pays d'Anthropophagie, et que je n'en entende jamais parler.

ARLEQUIN

Vous rendez un grand service au genre humain : ce mangeur d'hommes -là ne s'occupoit qu'à le détruire, et il va s'occuper à le peupler.

(Il chante. )

Pour vous, monsieur le sauvage, Qui faites tant le méchant, Quatre jours de mariage Vous rendront moins violent :

Quand on voit un beau visage, On croit d'abord faire rage ; Mais son approche nous rend Doux et souple comme un gant.

LE DOCTEUR

Mais, monsieur l'empereur, donnez-moi donc une femme comme aux antre s, car j'ai envie de me remarier.

ARLEQUIN

Je crois effectivement que vous n'en avez que l'entiej car je vous crois trop vieux pour en avoir les.

24o LA FOIRE SAINT-GERMAIN,

forces. Allons, il faut vous faire deux plaisirs à-la-fois, vous marier et vous rajeunir.

LE DOCTEUR

Me rajeunir?

ARLEQUIN

Oui, vous rajeunir. Je m'en vais voUs faire piler dans le mortier de mon apothicaire; et trois jours après, vous en sortirez gai et gaillard, etaus&i vigoureux que vous l'étiez à dix-huit ans. Qu'on fasse venir Caricaca, mon apothicaire*

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