‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 162 sur 181 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

voyez. Mon mari ne sait pas que j'ai ce petit désliabillé-ci. C'est le surtout des menus plaisirs : il est déjà tout frippé.

l'épine.

Mais si votre mari vous trouve avec cet ajustement, il pourra bien jeter l'habit par les fenêtres, sans songer que vous seriez dedans.

M""' JACQUEMARD

Oh ! je ne crains rien.

l'épine.

Il faudra, madame, que vous veniez voir mes momies d'É^ypte. Elles sont très rares, et M. le baron de Groupignac m'a promis qu'il s'y trpuveroit : je sais qu'il ne vous est pas indifférent.

M^^e JACQUEMARD.

^ Je n'ai rien de caché pour M. de l'Épine; je connois sa discrétion , et je lui avouerai que je me sens si frappée de ce M. de Groupignac, que si mon bâtier de mari étoit mort, je n'en ferois pas à deux fois; et je Tépouserois d'abord en lui donnant tout mon bien.

l'épine. Vous ne sauriez mieux faire; c'est un homme d'un vrai mérite. J'ai une Egyptienne dans ma boutique, qui pourroit bien deviner le temps que vous l'épouserez. Mais je crois que je l'entends. Madame , je vous laisse pour me rendre chez moi. Si l'Égyptienne vous tente, venez-y, et je vous promets que je vous ferai parler à elle en toute sûreté. Serviteur,

M™e JACQUEMARD.

Je VOUS réponds que j'irai dans un moment chez vous.

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