‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 165 sur 181 · SCÈNE IV. aSi · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. aSi

M™<ï JACQUEMARD.

Tout de bon? Me trouvez-vous de votre goût? Mon tailleur dit qu'il y a de Tlionneur à in habiller. Je ne suis pas des plus menues ; mais, si vous y prenez [jarde, je suis assez bien prise dans ma taille.

ARLEQUIN

Vous êtes à charmer. Fi ! je n'aime pas ces grandes tailles de fuseau, qui sont toujours prêtes à rompre. Je veux, morbleu, des tailles épaisses et renforcées, comme la vôtre. J'ai eu autrefois un roussin breton, qui étoit le meilleur animal qui fut jamais : il avoit la côte tournée comme vous. Je crois que vous avez la jambe d'un beau volume ! souffrez que j'en voie un échantillon.

M™e JACQUEMARD.

Fi donc, arrêtez -vous, petit entreprenant. Sans vanité, je ne l'ai pas mal tournée.

(Elle fait voir un peu sa jamlje."!

ARLEQUIN

Le joli petit balustre ! Ah ! madame , votre beauté durera long-temps; elle est bâtie sur pilotis.

(Il veut lui toucher la jambe) M'°« JACQUEMARD.

Tout beau, tout beau, monsieur! un peu de modestie.

ARLEQUIN

Oh! plus que vous ne voudrez. Vos jambes sont les colonnes d'Hercule : c'est pour moi le non plus ultra.

M»"e JACQUEMARD.

Je VOUS laisse, et vais de ce pas aux momies, con* sulter une Égyptienne sur la mort de mon mari , et notre futur mariage. Adieu, petit Hercule.

ARLEQUIN

Adieu, charmante colonne qui soutiens l'architrave de mon amour.

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