ACTE ir, SCÈNE IV
nOQTJIM. A RD.
11(5 ! monsieur...
AHLFQL'IX.
Je n'ignore pas que la fille ne .soit une fieffée coquette; mais , dès le lendemain de la noce, je la fais mettre aux Magdelonettcs.
COLOMBINE
Monsieur, monsieur...
ARLEQtJIN.
.le suis persuadé que la suivante est une carogne; mais je lui donnerai tant de coups d'étrivières...
ROQUILLARU et COLOMBINE.
Monsieur, monsieur...
ARLEQUIN, àRoquillard.
Ah! Sivaies, bene est; ego qiiidem \)aleo. ÎS'étesvous pas monsieur Roquillard?
ROQU ILLARD.
Oui , monsieur ; il y a plus de soixante ans.
ARLEQUIN
S'il est ainsi, écoutez-moi, beau^père. Avant que d'entrer en matière, combien avez -vous de filles à me donner?
ROQUILLARD.
Comment donc ! est-ce qu il faut plusieurs fille» pour faire une femme?
ARLEQUIN
Vous ne savez donc pas que je suis philosophe; orateur, médecin , astrologue, jurisconsulte, géographe, logicien, barbier, cordonnier, apothicaire^ en
un mot, je suis omnis honio j c'est-à-dire un homme universel.
COLOMBINE
Eh bien ! monsieur . ne vous fâchez pas ; votre femme sera universelle.
Je sais tout ce qu'on peut savoir dans les sciences et dans les arts : je sais danser, voltiger, pirouetter, cabrioler; jouer à la paume, au ballon; lutter, escrimer, pousser d'estoc et de taille; mais où j'excelle le plus, c'est en musique et en machines de théâtre.
COLOMBINE
Quoi! monsieur le docteur, vous savez aussi la mu^ sique?
ARLEQUIN
Bon! je compose des opéra, il y a plus de cinquante ans : c'est moi qui ai fait le carillon de la Samaritaine. Je m'en vais vous faire voir un échantillon de ma science.