SCÈNE VI
ÉLIZÈNE; DARIOLETTE, pmuntune lanteiuc.
Allons, ma bonne maîtresse, la nuit est bien noire, et favorise notre marche clandestine.
ÉLIZÈNE.
Ma pauvre Dariolette, je tremble comme la feuille. Mais, dis-moi, un homme n'est-il pas bien fort, quand il est seul avec une personne dont il est aimé?
DARIOLETTE.
Mais, c'est selon. Quelquefois c'est rhomme qui est le plus fort, quelquefois aussi c'est la femme. Je ne sais pas bien les règles du tête-à-téte, et je n'en ai encore reçu que deux ou trois leçons.
ÉLIZÈNE.
Mais est-il bien sûr que tu maies véritablement mariée avec le roi Périon? Car sans cela, je me garderois bien de me trouver cap à cap avec lui.
DARIOLETTE.
Eb! ne craignez rien: je connois mille femmes qui n'ont jamais été le quart autant mariées que vous.
ÉLIZÈNË.
Je ne saurois que te dire; ce mariage-là me paroît un peu précipité.
DARIOLETTE.
Il ne s'en fait plus autrement; et dans ce temps-ci, il faut brusquer la noce, et ne pas donner le temps à un bomme de se reconnoître, ni de faire trop d'informations de vie et mœurs de sa future.
ÉLIZÈNE.
Au moins, Dariolette, tu me promets que la comédie se passera en simples récits et menus propos.
DARIOLETTE.
Eb ! fiez-vous à ma parole.
ÉLIZÈNE.
Ma pauvre Dariolette, n'y auroit-il pas moyen de remettre la partie à demain?
SnftNR VI. lyM
DARIOLETT!-.
Bon ! bon ! demain, ne seroit-oc pas la même chose? Les nouvelles mariées demandent toujours des lettres de répit, et elles seroient au désespoir qu on les leur accordât. Allons.