SCENE I
ARLEQUIN, UNE LINGÈRÉ, UN GARÇON PATISSIER, PLUSIEURS marchands et marchandes DANS LEURS BOUTIQUES.
I/Ë S M A R C H A N D S crient.
Des robes-de-chambre de Marseille ; venez voir ici de très belles chemises de toile de Hollande; des robes-de-chambre à la mode ; des bonnets à la siamoise; du fromage de Milan, messieîirs; venez chez nous ; toutes sortes de vins dTtalie, de la Verdée, du Grec, de la MaIvoisi«.
i4o LA FOIRE SAINT-GERMAIN.
LE GARÇON PATISSIER, tenant sur sa tête un clayon de ratons.
Des ratons tout chauds, messieurs-; des ratons, à deux liards. Que ces marchands font de bruit ! je m'en vais me divertir en les contrefaisant tous dans une chanson.
(II chante, et change de ton à chaque différent cri.) Oranges de la Chine , oranges ; Des rubans , des fontanges ; Faïence à bon marché ; Thé, chocolat, café :
Vous faut-il rien du nôtre?
L'on va commencer , venez tôt ; Des peignes , des couteaux ; Des étuis, des ciseaux :
Ne prenez rien à d'autres ; J'ai tout ce qu'il vous faut.
ARLEQUIN, après avoir écouté avec attention ces différents cris.
O désir insatiable de l'homme I j'entends crier à la Foire tout ce qu'il y a de beau et de bon dar^s Paris; je voudrois bien acheter tout ce que j'entends crier, et je n'ai qu'une petite pièce pour ma foire.
LE GARÇON PATISSIER, au fond du théâtre-
Des ratons tout chauds , à deux liards , à deux liards.
ARLEQUIN
Commençons par le plus nécessaire. Le plus nécessaire à la vie c'est le manger. Holà ! hé ! les ratons^.
LA L I N G È R E , dans sa boutique.
Chemises de Hollande.