ACTE I, SCÈNE II. ifyy
COLOMIJINE.
Un tuteur «îpouser sa pupille! C'est une manière abré(5ée de rendre ses comptes. Mais à ces compteslà , quand le tuteur est vieux, la pupille trouve de grandes erreurs de calcul.
ANGÉLIQUE
Il y a encore lin nigaud de Normand, de PontrÉveque, qui se nomme Nigaudinet, qui est venu à Paris exprès pour se marier, et qui a du goût pour moi.
COLOMBINE
Vous voilà bien lotie , entre un docteur et un Bas- Normand.
ANGÉLIQUE
Je ne veux ni de l'un, ni de lautre; et je suis sortie de la maison de mon tuteur, dans le dessein de n'y point rentrer que je n'aie épousé Octave.
COLOMBINE
Pour l'amant de Pont-rÉvêque, nous lui jouerons quelques tours pour vous en débarrasser. A l'égard du docteur, quelque appétit qu'il ait pour vous, je sais bien un moyen sûr pour l'en dégoûter. Le vieux penard ne vous épouse que parcequ'il croit qu'il n'y a que vous de fille sage au monde. Laissez-moi faire; avant qu'il soit une heure, je veux que vous passiez dans son esprit pour la fille de la Foire la plus équivoque.
ANGÉLIQUE
Il est si prévenu en ma faveur, -et il me croit a» G. ïo
i46 LA FOIRE SAINT-GERMAIN.
sage , qu'il sera difficile de lui faire croire le contraire.
COLOMBINE
Bon! bon! je fais bien pis; je fais tous les jours passer pour sages des filles qui ne l'ont jamais été.