ACTE m, SCLM. VU. 2(.l
M RZZETIN clwntc.
Quel air de santé! vous avez la mine, Un jour, de rester seule à la tontine...
Oh ! je ne veux jamais rester seule ; j ai trop peur.
lié! morguennc de vous! quelle fille! quelle fdlcî Morguenne de vous !...
ARLEQUIN, mettant la tétc hors du panier, achève le couplet, en chantant :
Hé ! dépéchcz-vous.
( Les violons jouent une entrée, pendant laquelle Arlequin sort de son panier et danse ; et après qu'il a danse, il commence le di.scours qui suit.)
Ce n'est pas sans raison que nos anciens moderne* ont dit ingénieusement que le mariage étoit d'une très grande ressource pour de certaines gens, et que les aigrettes, dont quelques femmes galantes faisoient présent à leurs maris, étoient semblables aux dents, qui font du mal quand elles percent, et nourrissent quand elles sont venues. Cela présupposé, voyons un peu le tendron qui est destiné pour mes plaisirs ; car vous ne voudriez pas me faire acheter chat en poche.
EROCAMIN.
Oh! avec moi, monsieur, point de surprise. Voilà mes deux filles ; vous n'avez qu'a choisir : c'est encore trop d'honneur pour le sang des Brocantins.
ARLEQUIN
Oui , beau-père, je veux brocantiner avec vous ; et de peur de mal choisir, je les prendrai toutes deux. (Il se tourne vers Colombine.) Pour VOUS, petite blonde d'Egypte, levez le nez, regardez-moi fixement , marchez, trottez. Beau-père, n'y a-t-il rien à refaire à cette fille-là?
Oh! monsieur, je vous la garantis tout ce qu'on peut garantir une fille.
COLOMBINE
Je me porte bien, et je n'ai jamais eu d'autre maladie qu'un mal d'aventure : mon pouce devint gros comme ma tête,
ARLEQUIN
Diable ! méchant mal. Les filles sont terriblement sujettes aux maux d'aventure; mais l'enflure ne les prend pas toujours au pouce. Seriez-vous bien aise d'être ma femme?
COLOMBINE
Moi ! votre femme ? bon ! bon ! vous vous moquez : est-ce que je suis capable de cela?
ARLEQUIN
Malepeste ! vous l'êtes de reste.
COLOMBINE
Je vous avertis par avance que si je suis jamais mariéeavec vous, je ne vous incommoderai point de toute la nuit; car je suis la meilleure coucheuse du monde : je me trouve le matin comme je me suis mise le soir^.