SCÈNE n
CINTH 10, ARLEQUIN, PASQUA Kl EL,
Spadassins.
ARLKQUIN.
Qui est cet liomme-là? Il me semble qu'il a asses rencoliire d'un dénicheur de filles. Qui éte»-vous, mon ami? Ne vous appelez-vous pas Cinthio?
Cl N T H I O , Je regardant du haut en bas. Hé ! qu'en avez-vous affaire?
ARLEQUIN
Comment ventrebleu! ce que j'en ai affaire? Si vous étiez Cinthio, ou que vous fussiez seulement cousin, petit-cousin, arrière-petit-cousin de Cinthio, par la ventrebleu! je veux que le diable m'emporte, vous verriez beau jeu.
CINTHIO, froidement.
Ne pourroit-on pas savoir, monsieur, en quoi ce
Cinthio vous a tant offensé? car vous me paroissez
bien échauffé.
ARLEQUIN
Assurément, je le suis. C'est un drôle qui va de fdle
en fille avec une proniesse de mariage circulaire. Oh!
parbleu, si je vous rencontre, mon petit ami, vous
tiendrez la parole que vous avez donnée à ma sœur,
ou vous aurez les étrivières de ma façon.
CINTHIO, toujours froidement.
Cela est bien scélérat de tromper comme cela les filles!
28o LES FILLES ERRANTES.
ARLEQUIN
Par la tête 1 par la mort T je voudrois le tenir pour cent pisîoles.
CINTHIO, très fioidement.
Touchez là, monsieur ; je veux vous faire gagner plus de cinquante louis aujourd'hui : donnez-m'en trente , je vous dirai où est Cinthio; et, afin de ne pas vous tenir plus long-temps en suspens, c'est moi.
ARLEQUIN, tout étonné.
C'est vous? c'est vous? Ah! par ma foi, j'en suis bien aise. Vous ne voulez donc pas, monsieur, épouser ma soeur?
CINTHIO
Bon! sommes-nous dans un siècle à épouser?
ARLEQUIN
Non? Oh! parbleu, nous verrons : vous la prendrez , quand je devrois vous la faire avaler dans une médecine. Laissez-moi faire seulement.
CINTHIO
Je me moque de vos menaces; et pour vous faire voir que je ne vous crains, ni vous, ni vos spadassins, je vais vous attendre dans cette hôtellerie-là.