SCÈNE VII
TRAFIQUET, COLOMBINE, OCTAVE.
(Octave, dans le fond du théâtre, fait des mines àCûlombine, sans être vu de Trafiquet. )
COLOMBINE
Le parti qui se présente?
TRAFIQUET.
Oui , le parti qui se présente.
COLOMBINE
Assurément?
TRAFIQUET.
Oui , s'il vous plaît ; il ne faut point tant faire de gestes et de grimaces : est-ce qu'il lui manque quelque chose ?
Je ne dis pas cela.
TRAFIQUET.
Est-il tortu, ou bossu?
COLOMBINE
Je trouve sa taille dégagée et engageante.
TRAFIQUET.
Est-ce quil n'a point d'esprit? Va, va, ce n'est pas le plus nécessaire en ménage.
COLOMBINE
Son esprit me charme, et je connois peu de cens qui en aient plus que lui.
TRAFIQUET.
Et pourquoi donc n'en veux-tu point?
COLOMBINE
Moi, je n'en veux pas ! Il faudroit, mon père, que je fusse bien aveugle ou bien insensible pour refuser un tel parti.
TRAFIQUET.
Oh! que ne parles-tu donc? J'allois me mettre en colère. Voyez, je vous prie, quand on ne s'entend pas. Viens, ma fille, que je t'embrasse.
COLOMBINE
Que cet embrassement me fait d^ plaisir !
(Colombine, en embrassant Trafiquât, donne sa main à baiser à Octave. )
TRAFIQUET.
Tu réponds dignement aux soins que j'ai pris de ton éducation.
COLOMBINE
J'aimerois mieux mourir, mon père, que de vous désobliger.
TRAFIQUET.
Tu me promets donc de ne plus songer à cet étoiu-di?