‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 17 sur 200 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

la barbe et les cheveux à tous les Limousins qui viennent ici travailler, et j'ai une pension de la ville pour Faire tous les quinze jours le crin au cheval de bronze. (11 lui vole sa bourse sans qu'il s'en aperçoive, et cesse de le raser en criant : ) hai ! bai !

SOTINET.

Qu'avez-vous? vous trouvez-vous mal?

ARLEQUIN

Point, point; voilà qui est passé. (Il le rase, puis se mft à crier :) bai! bai!

SOTINET.

Comment donc? Mais vous avez quelque chose?

Oh! pour le coup, je n'y puis plus tenir. Hai! bai! bai ! Une colique épouvantable qui me prend... Je suis à vous tout-à-rbeure. Hai! bai! bai! (Il s'en va. et revient sur ses pas. )

SOTINET.

Je n'ai jamais vu un pareil original... Mais vous voilà? Avez-vous déjà été à la garde-robe?

ARLEQUIN

Point du tout, monsieur; cela n'en valoit pas la peine : j'ai changé dWis, et j'ai mieux aimé insulter la doublure de ma culotte que de vous faire attendre plus long-temps.

SOTINET, portant sa main devant son nez.

Comment, impudent! je vous trouve bien hardi de vous approcher de moi en l'état où vous êtes.

ARLEQUIN

Qu'appelez-vous, monsieur, s'il vous plaît? Chacun ne fait-il pas de sa culotte ce qu'il lui plaît?

SOTINET.

Sortez, insolent! si je faisois bien, je vous ferois jeter par les fenêtres.

ARLEQUIN

Comment, mardi, par les fenêtres! est-ce ainsi

qu'on insulte un officier public? (Il s'approche de Sotinet, qui veut le battre , et lui fait un collier de son bassin , qu'il lui casse sur la léte , et s'enfuit. )

SOTINET court après , eo criant :

Arrête ! arrête ! arrête !

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