‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 175 sur 200 · ACTE n, SCÈNE XH · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE XH

que vous êtes mariées en Bour{jo(^nc ou en Champa^jne.

MEZZETIN

Vous ne vous trompez point. A propos de mariage, ma belle voisine ; on m'a dit que vous couchiez la noce en joue. Une fille comme vous peut-elle se résoudre à cette vilenie-là?

COLOMBINE

Poui; moi, madame, je ne trouve rien de vilain à faire tout ce que le monde fait, et ce que vous avez fait vous-même.

Il est vrai : mais je n'avois que quinze ans pour lors; vous savez que c'est un âge terriblement scabreux pour une fille. Pourrez-vous abandonner vou e taille aux accidents du mariage?

COLOMBINE

J'ai assez de peine à m'y résoudre ; mais que voulez-vous? il faut bien prendre le bénéfice avec les charges.

PASQUARIEL.

Faites comme moi , mademoiselle ; depuis que j'ai épousé mon mari, nous ne couchons plus ensemble.

MEZZETIN

Cela est fort bon pour vous, madame la marquise, qui avez quantité d'enfants de votre premier lit; mais une fille qui se marie est bien aise de savoir au juste à quoi elle est propre.

35o LA COQUETTE.

PASQUARIELi

Pour moi, je suis malheureuse en garçons ; je n'en saurois élever; je n en ai plus que dix-sept.

COLOMBINE

Dix-sept! En vérité, madame, Tétat vous est bien obligé de lui donner tant de bons sujets.

MEZZETIN

J'en aurois bien eu vingt-cinq ou trente, si tout étoit venu à profit; mais les fausses-couches ont fait de terribles brèches dans ma famille. Le diroit-on à

ma taille ? (Il se promène. )

GOLOMBINE.

Elle est d'une finesse extraordinaire; on croiroit que vous allez rompre.

MEZZETIN

Depuis deux ans^ dieu merci, j'en suis un peu la maîtresse : j'ai obligé monsieur le comte à faire lit à part; car je suis présentement bien revenue de la bagatelle 6

GOLOMBINE.

Et monsieur votre époux prendra-t-il toujours ce petit divorce en patience?

MEZZETIN

Madame , il fera comme il pourra.

PASQUARIEL.

Peut-on savoir, ma chère, qui vous épousez?

GOLOMBINE:

Plusieurs partis me recherchent; mais mon père me destine à un bailli du Maine, et...

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