ACTE III, SCÈNL IX. Zf
M Aiu;oT.
Dieu m'en {»artle, monsieur! ma mère me Fa défendu, et ma dit que c'étoit un vrai coupc-fjorge pour une lillc.
ARLEQUIN
C'est peut-être là que votre mère a été égorgée. Ma foi! cette (llle me plaît. M'amie, me voudrois-tu tailler une chemise et quelques caleçons?
MARGOT
Je suis votre servante, monsieur; on ne travaille point en homme au logis.
ARLEQUIN
Eh bien! viens les faire chez moi.
COLOMBINE
Justement ! on vous garde des ftlles de cet âge-là pour votre commodité ! vous n'avez qu'à vous y attendre. Mais il me semble, Margot, que ce manteau-là monte bien haut; on ne voit point ma gorge.
MARGOT
Ce n'est peut-être pas la faute du manteau, mademoiselle.
COLOMBINE
Taisez-vous , Margot ; vous êtes une sotte : remportez votre manteau ; j'y suis faite comme une je ne sais quoi.
ARLEQUIN, à Margot.
Plus je vois cette enfant-là, plus elle me plaft.... Un petit mot : j'ai besoin d'une fille-de-chambre; je crois que tu serois assez mon fait. Sais-tu raser?
MARGOT
Moi , raser ! Je vois bien que vous êtes un gausseur : je mourrois de peur, si je touchois un homme seulement du bout du doigt. Adieu, mademoiselle; dans un quart d'heure je VQus rapporterai votre manteau , avec de la gorge.
ARLEQUIN
Adieu , adieu , petite nymphe du bois de Boulogne,