ACTE m, SCÈNE IV. 8S
serai avocat, et bon avocat; car je rnanf;erai plus de saucisses qu'un autre : je les aime à la folie.
MEZZETIN
D^abord, tu commenceras ton plaidoyer en disant: Messieurs, je parle pour mademoiselle Isabelle, contre son mari, qui est un débauché, un puant, un fou, et autres choses semblables.
ARLEQUIN
Laisse -moi faire, pourvu que les saucisses marchent...
Oh! cela s'en va sans dire. Oh! çà, prends que je sois le juge; commence par plaider.
ARLEQUIN
Je ne puis pas.
MEZZETIN
Et d'où vient?
ARLEQUIN
C'est que je n'ai pas encore été à la buvette.
MEZZETIN
Nous irons après : répétons toujours auparavant.
ARLEQUIN
Mais répétons donc aussi la buvette.
MEZZETIN
Voilà une buvette qui te tient bien au cœur! Tiens, prends que je sois le juge. (Il fait semblant de s'asseoir dans un fauteuil, puis dit:) Avocat, plaidez. ARLEQUIN.
Messieurs...
MEZZBTIN.
Fort bien.
ARLEQUIN
Messieurs... Messieurs... Messieurs, je conclus,.
A quoi concluez-vous ?
ARLEQUIN
Je conclus à ce que nous allions manger les saucisses, avant qu'elles refroidissent. (Ils'en va,Mezzetia court après.)