‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 55 sur 200 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ARLEQUIN, COLOMBINE

COLOMBINE

De quoi vivrons-nous en ce pays-ci, car nous nV vons point d'argent?

ARLEQUIN

Cela m'embarrasse un peu, car ce diable d'argent, c'est la cheville ouvrière d'un ménage.

COLOMBINE

Si tu voulois me laisser faire, je ferois de belles connoissances , et nous n'en serions pas plus mal. Autrefois , quand tu étois absent, je ne manquois de rien.

ARLEQUIN

Tant pis , morbleu , tant pis ! Je me défie diablement de ces femmes qui battent monnoie en l'absence de leurs maris.

COLOMBINE

Ne voilà- t-il pas? Ces maris se mettent toujours cent choses dans la tête. C'est bien cela ! J'ai des secrets merveilleux, qui m'ont été donnés par un chimiste qui m'aimoit autrefois ; je compose une huile, que j'appelle élixir de patience, dont une goutte, appliquée sa» le front d'un mari, le délivre pour jamais du mal de tête.

ARLEQUIN

Diable! voilà qui est beau! Mais je crois que tu

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