‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 7 sur 200 · SCÈNE III. ag · texte numérisé non relu

SCÈNE III. ag

davec sa femme; et comme Junon est une carogne qui me fait enrager, je pourrai Lien en faire venir Ja mode là-haut.

ARLEQUIN

Mais, monsieur Jupiter, quelle apparence? Nous ne la savons pas encore : il va venir un débordement de sifflets de tous les diables.

JUPITER

Ne te mets pas en peine; j'ai fait provision de quantité de foudres de poche; et le premier siffleur qui branlera, par la mort! je lui brûlerai la moustache.

ARLEQUIN

Oh! tout doucement, monsieur Jupiter; ne choquons point le parterre, s'il vous plaît; nous en avons besoin : cela ne se gouverne pas comme votre tête. (Au parterre.) Messieurs, puisque Jupiter l'ordonne, et

que d'ailleurs l'occasion de la faveur.... votre

bonté votre argent qu'on a de la peine à rendre;.... vous voyez bien, messieurs, que nous vous allons donner le Divorce.

JUPITER

Je vais me placer aux troisièmes loges pour mieux voir.

ARLEQUIN

Ah ! monsieur Jupiter, un gentilhomme comme vous aux troisièmes loges?

JUPITER

Je me suis amusé, en venant, à jouer à la boule

3o PROLOGUE.

aux Petits-Carreaux , contre quatre prôcureurâ qui ne m'ont laisse que trente sous.

ARLEQUIN

Où diable vous êtes -vous fourré là? Ces messieurs-là savent aussi bien rouler le bois que ruiner Une famille. (Jupiter remonte en l'air, et Arlequin le rappelle.) Monsieur Jupiter, si vous vouliez me laisser votre monture, je la ferois mettre à la daube : aussi bien les dieux de l'Opéra, qui sont bien montés quaiid ils viennent, s'en retournent toujours à pied.

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