I- E Vie t) M T K , après l'avoir rc(;ardéc
En vérito, madanie, cela est vrai : il y a aujourd'hui bien des erreurs à vulie teint; mais il est resté là-bas un peu de décoction, ne vous en faites point de nécessité.
LA VEUVE
Ce n'est pas avec des simples que lacreté de mon mal peut se guérir : ma maladie est là.
(Elle se touche au cœur.) LE VICOMTE.
On sait bien qu'une femme grosse a toujours de petits maux de cœur.
LA VEUVE
Moi, grosse! moiî Ah! quelle ordure ! Ilya trois ans que M. Gratefeuille, mon mari, est mort. Grosse! quelle obscénité î
LE VICOMTE
Ah! madame, je vous demande pardon; je vous croyois fille. On s'y trompe quelquefois.
LA VEUVE
Mais , monsieur, je vous trouve bien gros : qu'avezvous?
LE VICOMTE
Je n'ai rien; c'est que je soupai furieusement hier au soir.
LA VEUVE
II faut qu'il y ait autre chose : n'êtes-vous point hydropique?
LE VICOMTE
J'en serois bien fâché,
i54 L'HOMME A BONNES FORTUNES.
LA VEUVE
Voyons... (Elle lui lève ses robes -de -chambre l'une aprè» l'autre.)
LE VICOMTE, en se défendant.
Hé! fi, madame, que faites-vous-là? cela n'est point honnête.
LA VEUVE
Une, deux, trois robes-de-chambre ; c'est-à-dire trois maîtresses. Ah , traître 1 c'est donc ainsi que tu me joues? Tu dis (jue tu n'aimes que moi.
LE VICOMTE, faisant semblant de vouloir aller à la garderobe.
Madame , je n'en puis plus.
LA VEUVE
Voilà l'effet de tes serments!...
LE VICOMTE
Madame, je vais tout rendre , si je ne sors.
LA VEUVE
Scélérat !
LE VICOMTE
Madame, je ne réponds plus delà discrétion de mon derrière.
LA VEUVE
N'as-tu point ds honte?...
LE VICOMTE
Il ne tient plus qu'à un petit filet.
LA VEUVE
Non, je ne veux plus de commerce avec toi ; rendspioi ma robe-de-chambre.
(Elle lui veut arracher sa robe-de-chambre : ils se battent ; le vicomte la de'coiffe ; une de ses jupes tombe ; et ellç s'en va.)