SCÈNE III
COLOMBINE, PIERROT
COLOMBINE
Eh bien ! mon pauvre Pierrot, as-tu porté ma lettre à M. le vicomte?
PIERROT
Assurément, et il m'a donné un petit mot de réplique.
COLOMBINE, lui prenant le billet.
Eh! donne donc vite.
PIERROT
Malepeste ! comme vous êtes âpre à la curée !
COLOMBINE lit:
u L amour est comme la gale, on ne le sauroit ca- « cher; c'est ce qui fait que je vous irai voir aujour- « d'hui, ou que la peste m'étouffe!
ii Le vicomte de Bergamotte. »
PIERROT
Voilà un homme qui écrit bien tendrement.
COLOMBINE
Il m'aime bien , car il me l'a dit ; et j'espère que
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nous serons bientôt mariés ensemble. Il n'y a qu'une rliose qui m'embarrasse, c'est que je ne sais pas encure tout-à-fait ce que c'est que le mariage : ne pourrois-tu pas me le dire?
PIERHOT.
Assurément; il n'y a rien de si aisé : c'est comme qui diroit une chose... Ob! vous ne pouviez jamais mieux vous adresser qu'à moi.
Eh bien donc?
PIERROT
C'est comme, par exemple, une chose o\i Ton est ensemble... Votre père... avoit épousé. ..votre mère...; ça faisoit qu'ils étoient deux; et comme ça, votre grandpère. .., d'un côté. ..la nature.. .On ne sauroitbien expliquer ce brouillamini-Ià. Mais vous n'aurez pas été deux jours ensemble, que vous saurez toutes ces drogueslà sur le bout du doigt. (On frappe à Ja porte.) Ah! mademoiselle, c'est monsieur le vicomte de Bergamotte.
COIOMBÏNE.
Fais-le monter, Pierrot; hé! vite.