VALÈRE, LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, NÉRINE
NÉ RI NE
Je crois Voir Valère.
LA COMTESSE
L'amour auprès de moi le guide.
NÉ fil NE.
Il tremble en approchant.
LA COMTESSE
J'aime un amant timide , ( à Valère. ) Cela marque un bon fond. Approchez, approchez; Ouvrez de votre cœur les sentiments cachés.
( à Angélique. )
Vous allez voir, ma sœur.
VALÈRE, à Ja comtesse.
Ah ! quel bonheur , madame ,
176 LE JOUEUIi.
Que vous me permettiez d'ouvrir toute mon amé \
( à Angélique. )
Et quel plaisir de dire , en des transports si doux , Que mon cœur vous adore, et n'adore que vous !
L'amour le trouble. Eh quoi ! que faites-vous , Valère r
VALÈRE
Ce que vous-même ici m'avez permis de faire;
N É R I N E , à part.
Voici du quiproquo.
VALÈRE, à Angélique.
Que je serois heureux j S'il vous plaisoit encor de recevoir mes vœux!
LA COMTESSE, à Valère.
Vous vous méprenez.
VA L È R E , à la comtesse.
Non. Enlin, belle Angélique j Entre mon oncle et moi que votre cœur s'explique • Le mien est tout à vous, et jamais dans un cœur...
LA COMTESSE
Angélique!
VALÈRE
On ne vit une plus noble ardeur.
LA COMTESSE
Ce n'est donc pas pour moi que votre cœur soupire ?
VALÈRE
Madame , en ce moment je^'ai rien à vous dire.
Regardez votre sœur; et jugez si ses yeux
Ont laissé dans mon cœur de place à d'autres feux.