ACTE II, SCÈNE XIV
HECTOR, lias à Valère. Que peut dire Angélique alors qu'elle apprendra Que de son cher portrait?...
VALÈRE, bas à Hector.
E: qui le lui dira?
Dans une heure au plus tard nous irons le reprendre. HECTOR, bas à Valère.
Dans une heure ?
VALÈRE, bas à Hector.
Oui, vraiment.
HECTOR, bas à Valère.
Je commmence à me rendre.
VA L È R E , bas à Hector.
Je me mettrois en gage en mon besoin urgent.
HECTOR, bas à Valère , le considérant.
Sur cette nippe-là vous auriez peu d'argent.
VA L È R E , bas à Hector.
On ne perd pas toujours, je gagnerai sans doute.
H E G T O R , bas à Valère.
Votre raisonnement met le mien en déroute. Je sais que ce micmac ne vaut rien dans le fond.
V A L È R E , bas à Hector.
Je m en tirerai bien , Hector , je t'en répond.
(A madame la Ressource, montrant le portrait d'Angélique, j
Peut-on, sur ce bijou , sans trop de complaisance?...
M™c LA RESSOURCE.
Oui, je puis maintenant prêter en conscience; Je vois des diamants qui répondent du prêt. Et qui peuvent porter un modeste intérêt.
i88 LE JOUEUR.
Toilà les mille écus comptés dans cette bourse.
VALÈRE
Je vous suis obligé, madame la Ressource, Au moins , ne manquez pas de revenir tantôt : Je prétends retirer mon portrait au plus tôt.
Mi^e LA RESSOURCE.
Volontiers. Nous aimons à changer de la sorte. Plus notre argent fatigue , et plus il nous rapporte. Adieu , messieurs. Je suis tout à vous à Ce prix.
(Elle sort.) HECTOR, à madame la Ressource.
Adieu , juif, le plus juif qui soit dans tout Paris.