‹ uvres complètes de RegnardChapitre 12 sur 288 · VALÈRE, SCAPIN · texte numérisé non relu

VALÈRE, SCAPIN

VAL ÈRE

Eh bien! Scapin, apprends-moi des nouvelles de Léonor. L'as-tu vue ? que t'a dit Marine ?

Marine? rien du tout. C'est une fille dont on ne sauroit tirer une parole.

VALÈRE

Marine ne l'a rien dit, elle* qui parle tant?

SCAPIN

C'est justement ce qui fait qu'elle ne dit rien; mais tout ce que j'ai pu comprendre de la volubilité de son discours, c'est qu'il faut renoncer à Léonor; et le pis que j'y trouve , c'est que nous n'avons pas un sou pour nous en consoler.

VALÈR E.

Quoi? que dis-tu? parle, explique-toi. Renoncera Léonor?

SCAPIN

Oui, monsieur.

(') Dans l'édition originale, on lit, et elle qui parle tant.

i6 LA SÉRÉNADE.

VALÈRE

Et Marine ne t'a point dit la cause de son refroidissement?

SCAPIN

Non, monsieur.

VALÈRE

Quoi ! tu n'as pu pénétrer ?

Oh! monsieur. Marine est une fille impénétrable.

VALÈRE

Que je suis malheureux !

SCAPIN

Elle ma seulement donné une petite lettre qui vous expliquera peut-être mieux la chose.

VALÈRE

Eh ! donne donc , maraud , donne donc.

( Il lit. )

« Si vous m'aimez autant que je vous aime, nous « sommes les plus malheureuses personnes dumonde. « Ma mère prétend me marier à un homme que je ne « connois point. Détournez le malheur qui nous me- «nace; et soyez certain que je choisirai plutôt la « mort que d'être jamais à d'autre qu'à vous. »

Scapin !

SCAPIN

Monsieur ?

VALÈRE

Que dis-tu de cette lettre-là ?

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