‹ uvres complètes de RegnardChapitre 141 sur 288 · LE MARQUIS, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, LA COMTESSE

A mon bonheur enfin, madame, tout conspire : Vous êtes tout à moi.

LA COMTESSE

Que voulez-vous donc dire, Marquis?

LE MARQUIS

Que mon amour n'a plus de concurrent; Que je suis et serai votre seul conquérant ; Que si vous ne battez au plus tôt la chamade, Il faudra vous résoudre à souffrir l'escalade.

LA COMTESSE

Moi! que l'on m'escalade?

LE MARQUIS

Entre nous, sans façon,.

A Valère de près j'ai serré le bouton : Il m'a cédé les droits qu'il avoit sur votre ame.

LA COMTESSE

Hé! le petit poltron l

LE MARQUIS

Oh! palsambleu, madame, Il seroit un Achille, un Pompée, un César, Je vous le conduirois poings liés à mon char. Il ne faut point avoir de mollesse en sa vie. Je suis vert.

Dans le fond, j'en ai l'ame ravie.

Vous ne connoissez pas, marquis, tout votre mal; Vous avez à combattre encor plus d'un rival.

LE MARQUIS

Le don de votre cœur couvre un peu trop de gloire Pour n'être que le prix d'une seule victoire. Vous n'avez quà nommer....

LA COMTESSE

Non, non, je ne veux pas Vous exposer sans cesse à de nouveaux combats.

LE MARQUIS

Est-ce ce financier de noblesse mineure,

Qui s'est fait depuis peu gentilhomme en une heure y

Qui bâtit un palais sur lequel on a mis

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