‹ uvres complètes de RegnardChapitre 164 sur 288 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GÉRONTE, ANGÉLIQUE, VALÈRE, DORANTE, NÉRINE, Mn^e LA RESSOURCE, HECTOR.

GÉRONTE, à Angélique.

Que mon a me est ravie De voir qu'avec mon fils un tendre hymen vous lie ! J'attends depuis long-temps ce fortuné moment.

NÉRINE

Son cœur ressent, je crois, le même empressement.

GÉRONTE. '

De vous trouver ici je suis ravi, mon frère. Vous prenez, croyez-moi, comme il faut cette affaire j Et l'hymen de madame, à vous en parlet net , N'étoit, en vérité, point du tout votre fait.

DORANTE

Il est vrai.

GÉRONTE, à Angélique.

Le notaire en ce lieu va se rendre ; Avec lui nous prendrons le parti qu il faut prendre.

NÉRINE

Oh! par ma foi, monsieur, vous ne prendrez qu'un rat; Et le notaire peut remporter son contrat.

GÉRONTE

Comment donc?

ANGÉLIQUE

Autrefois mon cœur eut la foiblesse De rendre à votre fils tendresse pour tendresse ; Mais la fureur du jeu dont il est possédé , Pour mon portrait enfin son lâche procédé, Me font ouvrir les yeux ; et , contre mon attente , En ce moment, monsieur, je me donne à Dorante. ( à Dorante. )

Acceptez-vous ma main ?

DORANTE

Ah ! je suis trop heureux Que vous vouliez encor....

GÉRONTE, à Hector.

Parle , toi , si tu veux ; Explique ce mystère.

HECTOR

Oh î par ma foi, je n'ose ; Ce récit est trop triste en vers ainsi qu'en prose.

GÉRONTE

Parle donc.

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