‹ uvres complètes de RegnardChapitre 18 sur 288 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

M. GRIFON, VALÈRE, SCAPIN, M^e AR- GANTE, LÉONOR, MARINE.

M. GRIFON.

Ne vous avois-je pas bien dit qu'on devoit l'amener? voilà la mère et la fille- de-chambre. VALÈRE, bas à Scapin.

Que vois-je, Scapin? C'est Léonor.

SCAPIN, à part.

Autre incident.

M'i'c ARGANTE.

Allons , ma fille , approchez , et saluez le mari qu(^

je vous ai destiné. (Elle entend parler de M. Grifon.)

L É O N O R , croyant que c'est Valèrc,

Quoi! madame, voilà la personne!...

M^i^ ARGANTE.

Qu avez - VOUS donc, mademoiselle? est-ce que monsieur ne vous plaît pas?

LÉONOR

Je ne dis pas cela, madame, et je n'aurai jamais d'autres volontés que les vôtres.

V A L È R E , bas à Scapin.

Scapin , elle obéit à sa mère , je suis perdu.

MARINE, à paît.

Il y a de l'erreur de calcul.

M™e ARGANTE.

Je suis ravie, ma fdle, de vous voir des sentiments raisonnables, et j'ai toujours bien jugé que vous ne voudriez pas me désobéir.

LÉONOR

Vous désobéir! moi? j'aimerois mieux mourir que de faire quelque cliose qui vous déplût.

M. G RI F ON, à Scapin.

Voilà une fille bien née , n'est-il pas vrai ?

SCAPIN, à part.

Il y a ici du quiproquo , sur ma parole.

LÉONOR

Tout ce que j'ai à me reprocher, madame, c'est que mou obéissance ait si peu de mérite en cette occasion ; et les choses sont dans un état à me permettre d'avouer , sans honte ,• que votre choix et mon inclination ont un parfait rapport ensemble.

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