ACTE II, SCÈNE VII
LE CHEVALIER fait le même jeu de théâtre avec Carlin.
J'ai de ma part aussi quelque chose à te dire. Il nous faut divertir...
CARLIN
Que * diantre ! est-ce pour rire?
LÉ ANDRE, àClarice.
Je suis , comme Ton sait, assez bien près du roi. Je veux vous faire avoir un régiment.
CLARICE
A moi?
LÉANDRE
A vous-même.
LE CHEVALIER, à Carlin.
Ton maître au moins n'est pas trop sage.
CARLIN, au chevalier.
D'accord. Il vous ressemble en cela davantage.
LÉANDRE, àClarice.
Vous avez du service , un nom , de la valeur : Il faut vous distinguer dans un poste d'honneur.
CLARICE
Mais regardez-moi bien.
LÉANDRE
Ah ! je vous fais excuse , Madame ; et maintenant je vois que je m'abuse. J'ai cru qu'au chevalier...
LE CHEVALIER
Ma sœur , un régiment !
(*) L'édition originale et celle de 1728 porteot, Quel diantre!
ai.
CARLIN
Ce seroit de milice un nouveau supplément : Et , si chaque famille armoit une coquette , Cette troupe, je crois, seroit bientôt complète.
LE CHEVALIER
Cet homme-là, ma sœur, t'aime à perdre l'esprit.
Je m'en flatte en secret ; du moins il me le dit.
LE CHEVALIER, àLéandie.
Je crois bien que vos vœux tendent au mariage : Ma sœur en vaut la peine ; elle est belle , elle est sage.
LÉ AN PRE
Ah! monsieur, point du tout. /
LE CHEVALIER
Comment donc , point du tout ?
Cette grâce , cet air...
LÉ ANDRE
Il n'est point de mon goût.
LE CHEVALIER
Cependant vous l'aimez ?
LÉ AND RE
Oui , j'aime la musique ; Mais, si vous voulez bien qu'en ami je m'explique. Votre air n'a point ce tour tendre , agréable , aisé , Et le chant, entre nous, m'en paroît trop usé.
LE CHEVALIER
Et qui vous parle ici de vers et de musique? Cet amant-îà, ma sœur, est te ut-à-fait comique.