‹ uvres complètes de RegnardChapitre 20 sur 288 · M™*^ ARGANTE · texte numérisé non relu

M™*^ ARGANTE

Qua de commun Valère avec votre mariage? Cest à monsieur Grifon, que voilà, que je vous marie.

M. GRIFON, à Léonor.

Oui, mignonne, cest moi qui aurai rhonneur

de "...

(•) Cette leçon est confonue à l'édiiion oiip,iuale et à lediuon de 1728. Dans les éditions modernes, on lit notre au lieu de mon.

(") Dans les anciennes éditions, on lit : C'est moi qui aurai l'honneur QUE DE...

LÉONOR

Vous, monsieur?

Mnie ARGANTE.

Je voudrois bien, pour voir, que vous ne le trouvassiez pas bon !

M. GRIFON.

Monsieur mon fils , par quelle aventure est-il mention de vous dans tout ceci ?

VALÈRE

Par une aventure fort naturelle , mon père.

M. GRIFON.

Comment, une aventure fort naturelle?

MARINE

Oui, monsieur; mademoiselle est fdie, monsieur est garçon; elle est aimable, il est joli homme; ils ont fait connoissance , ils s'aiment, ils sont dans le goût de s'épouser : y a-t-il rien là que de fort natuiel ?

11 n est point question de la nature là-dedans ; c'est la raison et l'intérêt qui font aujourd'hui les mariages. Monsieur est le père, madame est la mère; la raison est de leur côté , la nature est une sotte , et vous aussi , ma mie.

M">e ARGANTE.

Il a raison.

LÉONOR

Quoi! à l'âge que j'ai, ma mère, vous voudriez me

Page 1