‹ uvres complètes de RegnardChapitre 215 sur 288 · SCÈNE viir · texte numérisé non relu

SCÈNE viir

LÉANDKE, CARM.N; ISABELLE et LISETTE,

dans le t'ouil du tlit'ûtie.

LÉANDRE

D'où viens-tu? parle donc, réponds-moi.

Je ne te vois jamais, quand j ai besoin de toi.

CARLIN

J'exécute votre ordre avec zèle, ou je meure. Vous avez oublié que, depuis un quart d heure, De dix commissions il vous plut me charger. J'ai vu le rapporteur, le tailleur, l'horloger; Et voilà votre montre enfin raccommodée : Elle sonne à présent.

LÉANDRE, prenant la montre.

Il me l'a bien gardée.

CARLIN

Vous m'avez commandé de même d'acheter De bon tabac d'Espagne ; en voilà pour goûter.

LÉANDRE prend le papier où est le tabac. Voyons.

CARLIN

C'est du meilleur qu'on puisse jamais prendre, Dont on frauda les droits en revenant de Flandre.

L É .\ N D R E jette la montre, croyant jeter le tabac. Quel horrible tabac! tu veux m'empoisonner.

CARLIN

La montre ! ah ! voilà bien pour la faire sonner ! Quelle distraction, monsieur, est donc la vôtre?

LÉANDRE

Oh ! je n'y pensois pas ; j'ai jeté l'un pour l'autre.

CARLIN

!Ne vous voilà pas mal ! La montre cette fois

Va revoir l'horloger tout au moins pour six mois.

LÉANDRE

Cours à l'appartement de l'aimable Clarice,

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