‹ uvres complètes de RegnardChapitre 22 sur 288 · M. G RI F ON · texte numérisé non relu

M. G RI F ON

Qu'est-ce à dire ?

VALÈRE

Avec votre permission, mon père, cela ne sera pas, je vous assure.

M. GRIFON.

Cela ne sera pas ! Que dites-vous à cela, monsieur le musicien ?

(*) Cette leçon est conforme à l'orijjinal et .'i l'édition de 1728. Dans les éditions modernes, on lit, éloi{;FH;e du bon sens.

SCAPIN

Vous avez là un grand garçon bien mal morigéné *, monsieur.

M. GRIFON.

Pendard !

VALÈRE

Que diroit-on dans le monde, si, en ma présence, je vous laissois faire une action aussi extravagante que celle-là?

M. GRIFON.

Quoi donc extravagante? Comment donc? A ton père, malheureux!

A votre père ! t

SCAPIN

A votre propre père !

VALÈRE

Quand il seroit mon père cent fois plus qu il ne Test encore, je ne souffrirai point que l'amour lui fasse tourner la cervelle jusqu'à ce point-là.

M. GRIFON,

Mais quelle comédie jouons -nous donc ici? Je vous demande pardon pour mon fils , madame.

M^ne ARGANTE.

Cela n'est rien ; j'ai bien des excuses à vous faire pour ma fille, monsieur.

(') Quoiqu'on lise morigiué dans les deux édilious que j'ai di-jà citées, il est certain qu'il faut morijéné.

Page 1