SCÈNE III. 4, y
feras-tu encore tirer l'oreille pour m'aider à rompre son mariage, en faveur de mon pauvre frère Colin, à qui Agathe étoit promise? Il ne tient qu'à toi de rendre la joie à tout le village. Ce n'étoit que fêtes, danses et chansons préparées pour les noces de Colin et d'Agathe; et depuis que ton officier réformé est venu nous enlever le cœur de cette jolie fermière, toute notre galanterie poitevine est en deuil.
PASQUIN
Je ne manque pas de bonne volonté; mais je considère...
LISETTE
Et moi, je ne considère plus rien. Je suis bien sotte de prier quand j'ai droit de commander. Colin est mon frère , et s'il n'épouse point Agathe par ton moyen, Lisette n'épousera point Pasquin.
P ASQUIN
Ouais ! tu me mets bien librement le marché à la main !
LISETTE
C'est que je ne suis pas comme la plupart de celles qui font de pareils marchés. Je ne tai pomt donné d'arrhes, et je romprai, si...
PASQUIN
Doucement. Çà, que faut-il donc faire pour ce petit frère Colin? As-tu pris des mesures avec lui?
LISETTE
Des mesures avec Colin? Bon ! c'est un jeune amant ii la franquette , qui n'est capable que de se trémous-
4i8 ATTENDEZ-îildi SOUS L'ORME.
ser à contre-temps. Il va , il vient , il piétine , peste contre son infidèle, et a* toujours quelque raisonnement d'enfant qu'il veut qu'on écoute; enfin, c'est un petit obstiné que j'ai été contrainte d'enfermer, afin qu'il me laissât en paix travailler à ses affaires. Je crois que le voilà encore.