SCÈNE XVI
M. GRIFON, MARINE.
M. GRIFON.
Tu dis donc , Marine , que tu viens de la part de Léonor.
MARINE
Oui, monsieur, pour vous faire des excuses de ce qui s'est passé à votre entrevue.
M. GRIFON.
Elle revient à elle , j'en suis bien aise.
MARINE
Elle est au désespoir de n'avoir pu se contraindre devant madame sa mère : mais elle dit qu'elle vous hait trop pour se faire la moindre violence.
M. GRIFON.
Voilà un fort sot compliment. Je n'ai que faire de ces excuses-là.
MARINE
Elle sait trop bien vivre pour manquer à la civilité. Elle m'a aussi chargée de vous prier de ne point presser madame sa mère sur votre mariage , et de lui donner du temps pour s'accoutumer à une figure aussi extraordinaire que la vôtre.
M. GRIFON.
Vous êtes une impertinente , ma mie ; et je ne sais...
MARINE
Je vous demande pardon, monsieur; je vous respecte trop pour vous rien dire de mon chef qui vous déplaise. Ce sont les sentiments de ma maîtresse que je vous explique le plus clairement et le plus succinctement qu'il m'est possible.
M. GRIFON.
Je ne veux point savoir ses sentiments, tant qu'elle en aura d'aussi ridicules.
MARINE
11 ne tiendra pas à moi qu'elle ne change; et, quelque aversion qu'elle ait pour vous, elle ne laissera pas de vous épouser si elle m'en veut croire. Vous