UNE MUSICIENNE
Un jour un vieux hibou Se mit dans la cervelle D'épouser une hirondelle Jeune et belle, Dont l'amour l'avoit rendu fou.
Il pria les oiseaux de chanter à la fête : Tout s'enfuit en voyant une si laide béte; Il n'y resta que le coucou.
M. GRIFON.
Monsieur le musicien , voilà de vilaines paroles.
Pardonnez-moi, monsieur; ce sont des paroles nouvelles qui furent faites à la noce de Vénus et de Vulcain. Mais allons au fait.
(Les violons jouent lin air sur lequel les femmes de la sérénade dansent, et en dansant elles mettent le pistolet sous le nez de M. Grifon et de Scapin.)
M. GRIFON.
Miséricorde ! des pistolets , monsieur le musicien !
SCAPIN
Paix, paix, ne faisons point de bruit; nous ne sommes pas les plus forts.
M. GRIFON.
Ils prennent mon chapeau , monsieur le musicien.
SCAPIN
Et paix, paix, ils prennent le mien, et je ne di& mot.
M. GRIFON.
Ils me déshabillent, monsieur le musicien
SCAPIX.
Hé ! comme vous criez ! faut-il faire tant de bruié pour un méchant justaucorps?
M. GRIFON.
Ils fouillent dans mes poches , monsieur le musicien , et prennent ma bourse, se A PIN.
Ils fouillent aussi dans les miennes , mais il n'y a rien; ils seront bien attrapés.
M. GRIFO>'.
Ils me prennent un collier de quatre cents pistoles , monsieur le musicien.
( Léonor et Marine se retirent. ) SCAPIN.
Bon , bon , ils ne tueront personne»
M. GRIFON.
Ah ! la maudite sérénade !