S’humilier même devant ses inférieurs
51 . Ne pas s’excuser lorsqu’on est repris ou calomnié, à moins que cela ne soit absolument nécessaire pour le bien commun, ou pour éloigner le scandale.
52. Visiter et aider autant qu’on le peut les malades, principalement les plus abandonnés.
53. Se dire souvent a soi-même : Si je veux me sanctifier, il faut que je souffre ; si je veux plaire a Dieu, il faut que je fasse sa volonté, et non la mienne.
54. Renouveler toujours sa résolution de se sanctifier, et ne pas se décourager, dans quelque état de tiédeur qu’on se trouve.
55. Renouveler tous les jours la résolution qu’on a prise de tendre a la perfection.
56. Dans l’état religieux, avoir soin de renouveler chaque jour les vœux de sa profession. — Les Docteurs enseignent qu’en renouvelant ses vœux de religion, on gagne une indulgence plénière, comme la première fois qu’on les fait.
57. L’exercice le plus nécessaire a une âme qui veut plaire â Dieu, c’est de se conformer en tout à la volonté divine, en embrassant avec résignation tout ce qui est contraire aux sens, douleurs, maladies, affronts, contradictions, revers, mort de parents ou d’autres personnes chères , en acceptant tout de la main de Dieu dès le matin. — Les tribulations sont d’heureux marchés où les saints font de grandes acquisitions de mérites. Nous ne
DE LA RETRAITE
pouvons procurer plus de gloire à Dieu qu’en nous conformant en tout a ses saintes volontés. C’est là l’exercice continuel des bonnes âmes, et le but de l’oraison mentale.
(( Tout ce qu’on doit chercher dans la pratique de l’oraison, disait Sainte Thérèse, c’est de conformer sa volonté à celle de Dieu; soyons-en persuadés, c’est en cela que consiste la plus haute perfection. »
Tel doit donc être l’unique but de toutes nos œuvres, de toutes nos méditations, de toutes nos prières. Nous devons toujours répéter cette demande : Doce me facere voluntatem tuam .* ^ Seigneur! apprenez-moi à faire ce que vous voulez. Domine, qiiid me vis facere?"^ Dites-moi ce que vous voulez que je fasse, je suis prêta tout. — Fiat voluntas tuai voilà le mot qui est toujours dans la bouche des saints ; et c’est tout ce que Dieu demande de nous, notre cœur : Prœbe, fdi mi, cor tuum mihi.^
Mais la perfection consiste à se conformer à la volonté de Dieu dans les choses qui nous déplaisent. Le vénérable père Avila disait : « Un Dieu soit béni! dans l’adversité, vaut plus que mille remerciements dans la prospérité. » Il faut pratiquer la conformité même dans les croix que Dieu nous envoie par le moyen des hommes, telles que calomnies, vols, mépris ; parce que tout vieut de Dieu : Bona et mata... a Deo sunt.^ Le Seigneur ne veut pas le péché de celui qui nous offense, mais il veut que nous soyons humiliés et mortifiés. Les tribulations sont appelées des maux, des calamités, et nous les rendons telles en effet, quand nous les endurons avec impatience ; mais si nous les acceptions avec résignation, elles deviendraient pour nous des biens, des joyaux qui rehausseraient le prix
,1 Ps. i42. iO.
(3) Prov. ^3. ^6.
(2) Act. 9. 6.
^4 Eccli. H, /4.
DE LA RETnMTr:.
(le notre couronne en paradis. Enfin, celui qui se lien ( toujours uni a la volonté divine, se sanctifie, et jouit, môme ici-bas, d’une paix continuelle : Non contristahit justum qvidqvid ci acciderit.^
58. Se recommander aux prières des personnes pieuses, mais se recommander encore plus aux Saints du paradis, et surtout a Marie ; estimer beaucoup la dévotion envers cette divine Mère, et ne laisser passer aucune occasion de l’inspirer aux autres. — Ceux qui ont une grande confiance dans la protection de Marie, doivent en remercier extrêmement le Seigneur, car cette confiance est un grand gage de leur salut ; et ceux qui ne l’ont pas, doivent prier Dieu de la leur accorder.