SCÈNE V
La scène est toujours en Angleterre. — Le camp français.
Entre LOUIS avec sa suite,
Loui^.— Il semblait que dans le ciel le soleil se couchait à regret, et qu'il s'arrêtait et couvrait à l'occident le iirmament de rougeur, tandis que les Anglais se retiraient faiblement , mesurant à reculons la terre de leur propre pays. Oh I nous avons brillamment fini, lorsqu'après ce sanglant et laborieux combat nous leur avons dit bonsoir, par une décharge de notre inutile artillerie ; et que nous avons glorieusement relevé nos enseignes déchirées, restant les derniers sur le champ de bataille, et pfesque maîtres du terrain.
(Un messager entre.)
LE MESSAGER.— Où cst mou princo, \e dauphin?
LOUIS. — Le voici. — Quelles nouvelles?
LE MESSAGER. — Le comtc do Melun est tué. fiOs seigneurs anglais, d'après ses conseils, ont de nouveau changé de parti ; et vos renforts, que vous désiriez depuis si longtemps, se sont perdus iet ^b^paés dans les sables de Godwin.
LOUIS. — Ohl les affreuses et détestables nouvelles! Que ton cœur soit maudit I Je ne m'attendaiç pas à éprouver ce soir la tristesse qu'elles me donnent. Qui est-.ce quia dit que le roi Jean avait fui une heure ou deux avant que la nuit tombante vînt séparer nos armées fatiguées?
Lj: MESSAGER. — Qui quc ce soit qui Tait dit, il a dit 1^ vérité, seigneur.
LOUIS. — C'est bon. — A nos postes, et faisons bonne garde cette nuit. Le jour ne sera pas levé aussitôt que moi pour tenter les bonnes chances de demain.
(Us sortent.)