‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 177 sur 301 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Londres. — Un appartement dans le palais.

Entrent LE ROI RICHARD avec sa suite, JE Aîï DE GAUNT

et d'autres nobles avec lv4.

RICHARD. — Vieux Jean de Gaunt, vénérable Lancastre, as-tu, comme tu t'y étais engagé par serment, amené ici

* On remarque que ce titre de comte de Berkley, donné à lord ^Berkley, est un anachronisme , et que les lords Berkley ne furent faits comtes que dans un temps très-postérieur à celui de Richard.

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ton fils, l'intrépide Henri d'Hereford, pour soutenir devant nous rinjurieux défi qu'il adressa dernièrement au duc de Norfolk, Thomas Mowbray, et dont nous n'èiimes pas alors le loisir de nous cfccuper?

GAUNT. — Oui, mon souverain, je l'ai amené.

RICHARD. — Réponds-moi encore: Tas-tu sondé ? sais-tu s*il Ta défié, poussé par une vieille haine, ou s*il a cédé à la vertueuse colère d'un bon sujet, fondée sur quelque trahison dont il sache Môwbray coupable?

GAUNT.— -Autant que j'ai pu le pénétrer sur cette question, c'est sur la connaissance de quelque danger dont Mowbray menace Votre Altesse, et non par aucune haine invétérée.

RICHARD. — Fais-les comparaître tous deux en notre présence ; nous voulons entendre nous-même Taccusateur et l'accusé parler librement face à face, et se menaçant l'un l'autre du regard. {Sortent quélques-um des gens de la suUe du roi.) lissent tous deux hautains, pleins de colère, et, dans leur fureur, sourds comme la mer , impétueux comme la flamme.

(Rentrent les serviteurs avec Bolingbroke et Norfolk.)

BOLiNGBROKE. — Que de longues années d'heureux jours échouent en partage à mon gracieux souverain, à mon bien-aimé seigneur !

NORFOLK. — Puisse chaque jour ajouter au bonheur de la veille, jusqu'à ce que le ciel, envieux des félicités de la terre, ajoute à votre couronne un titre immortel !

RICHARD. — Nous vous remercions tous deux : cependant il y en a un de vous qui n'est qu'un flatteur, à en juger par le sujet qui vous amène, c'est-à-dire l'accusation de haute trahison que vous portez l'un contre l'autre. — Cousin Hereford, que reproches-tù au duc de Norfolk, Thomas Mowbray ?

BOLINGBROKE.— D'abord (et que le ciel prenne acte de mes paroles !) c'est excité par le zèle d'un sujet dévoué, et en vue de la précieuse sûreté de mon prince, que, libre d'ailleurs de toute autre haine illégitime, je viens ici le défier en vqtre royale prése^i^ce.— Maiptenant, Thomas Mow^bray, je me tourne vers toi, et remarqua le

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