‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 204 sur 301 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les cdtes du pays de Galles. — On aperçoit un château.

Fanfares, tambours et trompettes. — Entrent LE ROI RI- CHARD, L'ÉVÊQUE DE CARLISLE , AUMERLE , des soldats.

RICHARD. — N'est-ce pas Barkloughby que vous appelez ce château près duquel nous sommes?

AUMERLE.— Oui, mou prince. — Comment Votre Majesté se trouve-t-elle de respirer Tair, après avoir été secouée dernièrement sur les flots agités ?

RICHARD. — ^11 doit nécessairement me plaire. Je pleure de joie de me retrouver encore une fois sur le sol de mon royaume. — Terre chérie, je te salue de ma main, quoique les rebelles te déchirent des fers de leurs chevaux. Comme une mère depuis longtemps séparée de son enfant se joue tendrement de ses larmes et sourit en le retrouvant, c'est ainsi que pleurant et souriant je te salue, ô mon pays, et te caresse de mes mains royales. Ma bonne terre, ne nourris pas Tennemi de ton souverain! Ne répare pas, par tes douces productions, ses sens affamés! mais que tes araignées nourries de ton venin, tes crapauds à la marche lourde, se placent sur son chemin et blessent les pieds perfides qui te foulent de leurs pas usurpateurs. Ne cède à mes ennemis que des orties piquantes, et s'ils veulent cueillir une fleur s.ur ton sein, défends-la, je te prie, par un serpent caché, dont le double dard, par sa mortelle piqûre, lance le trépas sur les ennemis de ton souverain. — Ne riez point, milords, de me voir conjurer des êtres insensibles : cette terre prendra du sentiment, ces pierres se changeront en soldats armés, avant que celui qui naquit leur roi succombe sous les armes d'une odieuse rébelhon.

l'évêque de CARLISLE. — Nc craiguez rien, seigneur. Le pouvoir qui vous a fait roi est assez fort pour vous maintenir roi en dépit de tous. Il faut embrasser les moyens

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