ACTE IV, SCÈNE IV
HOTspuR. — Je viens au fait.— Peu de temps après, il déposa le roi, et puis bientôt il lui ôta la vie ; et immédiatement après chargea TÉtat d'impôts universels. Bien pis encore, il a souffert que son parent, le comte des Marches (qui, si chaque homme était à sa place et dans ses droits, serait son roi légitime) demeurât prisonnier dans la province de Galles, pour y être oublié sans rançon. Il m'a disgracié, moi, au milieu de mes heureuses victoires; il a cherché par ses artifices à me faire tomber dans le piège ; il a exclu mon oucle du conseil; il a congédié avec fureur mon père de sa cour ; il a violé serment sur serment, commis injustice sur injustice. A la fin, en nous repoussant, il nous a contraints de chercher notre sûreté dans la force de celte armée, et aussi d'examiner un peu son titre que nous trouvons trop équivoque pour durer longtemps,
BLOUNT. — Rendrai-je cette réponse au roi?
HOTSPUR. — ^Non pas de cette manière, sir Walter ; nous allons nous consulter pendant quelque temps. Retournez auprès du roi ; qu'il engage quelque garantie qui assure le retour, et demain matin de bonne heure, mon oncle lui portera nos intentions : j'ai dit; adieu.
BLOUNT. — ^Je désire que vous acceptiez les offres de sa clémence et de son amitié.
HOTSPUR. — Il se peut que nous les acceptions.
BLOUNT. — Dieu veuille qu'il en soit ainsi.
(Us sortent.)