Var. : intellect
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qui est enclos dedans eux, qui, ne trouvant libre accez pour s'exhaler et évaporer, il fait effort et rompt avec d'autant plus d'impétuosité que l'escorce luy est contraire ; c'est ce qui esmeut le bruit qu'ils font quand ils ne sont pas fendus, ce qui n'arrive pas si on les fend.
Tabarin. Je n'approuve pas ceste raison là -f elle n'est aucunement vallable : car, s'il est vray qu'on fend les marrons de peur qu'ils ne pettent, il s'ensuivroit que nostre servante ne devroit jamais peter, car elle a pour le moins demy pied de fente. Tous les diables ! on l'entend aucunefois tonner, petarder, canonner; on la prendroit pour un roussin d'Allemagne, tant elle joue bien de la fluste du cul. Jamais l'aquilon ne sort avec telle impétuosité de la caverne d'Eole.
Question LX.
Quelle différence il y a entre le nez et le cul.
Tabarin.
Uelle différence avez-vous entre le nez et le cul ?
Le Maistre. Gros vilain , impudent que vous estes, qui vous a appris à me faire telles demandes?
Tabarin. Retournons plustost l'escuelle : quelle distinction mettez-vous entre le cul et le nez ?
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Le Maistre. Puis que ta curiosité te porte si avant, je responds que le nez est une partie bien plus recommandable , faitte de la nature pour la commodité du cerveau et pour vuider ce qui luy est nuisible.
Tabarin. Aussi le cul est- il destiné pour vuider les excremens du corps.
Le Maistre. Jouxte que le nez est un organe particulier pour juger des senteurs et odorer les objets qui nous sont présentez.
Tabarin. Encore mieux, le nez donc est pour recevoir les odeurs et le cul pour les distribuer. Cela est beau , ouy , quand le cul met quelque chose en lumière, et qu'il donne en public ce qu'il a de plus odoriférant ; si est-ce que cela n'empesche point que vous ne soyez une beste de n'avoir atlaint à la cognoissance de ma question. Voulez-vous que je vous enseigne la différence de ces deux pièces ?
Le Maistre. Je seray tousjours bien ayse, avec cest ancien philosophe , jusques à la mort mesme , d'apprendre quelque chose de nouveau.
Tabarin. La vraye différence est que le cul a le poil dehors, et vostre nez dedans, mon maistre. Voylà en peu de mots ce qu'il falloit respondre , et mettre vostre nez dedans l'affaire tout d'un coup sans tant tournoyer.
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Question LXI.
Pour escrire un sot en deux lettres.
Tabarin.
Ous avez appris à escrire, mon maistre ; escrirez-vous bien un sot en deux lettres ?
Le Maistre. A la vérité, il y a long temps que je verse en l'escriture , mais il me semble impossible d'escrire ce mot en deux lettres ; je n'y trouve aucune abréviation par laquelle je puisse racourcir le mot.
Tabarin. Il n'y faut point aussi d'abréviation, et n'est aucunement nécessaire de rechercher linvention de le racourcir : il ne faut qu'allonger le nez, la chose est très-facile, pour escrire un sot en deux lettres. Il faut premièrement mettre un S sur une de mes fesses, et un T sur l'autre, puis laver vostrenezet le nettoyer bien nettement, et le mettre dedans mon cul : vous trouverez qu'il servira d'O, et par ce moyen il y aura sot en deux lettres.
Le mesme en est de plusieurs nouveaux astrologues qui devinent et prognostiquent les choses passées; et quand de mauvaise rencontre ils mettent la main dans un estron , ils devinent en mesme temps que c'est merde , et pour escrire merde ils usent de cinq lettres ; mais moy qui
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sçay les abreviatures, j'en auray plustost escrit et barbouillé une page entière qu'eux deux lignes.
Le Maistre. Si est-ce qu'il faut cinq lettres pour escrire ce mot.
Tabarin. Vous estes sans doute de la catégorie des premiers. Je vous dis pour mon regard que quand je veux inscrire merde , je ne me sers que d'un Q. En une lettre vous avez l'abréviation de merde ; je tiens ceste doctrine d'un sçavant personnage qui mesme m'apprint à escrire apud en une seule lettre. Il fit un grand A sur une fueille de papier blanc. Je m'estonnois de ce qu'il vouloit escrire; comme j'estois en ceste estonnement, il chia sur son papier.
Le Maistre. 0 le gros porc ! tousjours tu me parles de ces viilenies.
Tabarin. Bouschez vostre nez, si vous ne voulez gouster les odeurs. En fin, cesthomme ayant esvacué les superfluitez de son ventre, il me le bailla à sentir. Je tournay le nez de l'autre costé, disant : Retirez-vous de moy, voilà un A qui put grandement; et il me dit que c'estoit le moyen d'escrire apud en une seule lettre.
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Qjjestion LXI1.
Pour passer sur un pont où il y auroit des fouillesmerdes.
Tabarin.
On maistre, s'il vous falloit passer une petite rivière , et que pour la traverser il fallût de nécessité passer sur une petite planche large de deux pieds , et qu'icelle planche fust toute remplye de fouillesmerdes , quelle invention trouveriez-vous pour passer sans marcher sur eux, ny leur faire aucun tort?
Le Maistre. J'y marcherois librement, car je les renverserois et jetterais toutes dedans la rivière.
Tabarin. Mais vous leur feriez tort; vous seriez cause en partie que peut-estre elles se romperoient le col ou se desnoueroient les hipopondrilles du derrière ; puis les petits enfants se mocqueroient d'eux, les voyant sans testes.
Le Maistre. Je ne sçay pas d'autre invention; je te prie de me l'enseigner, Tabarin.
Tabarin. Il n'y a point grande chose à faire : c'est qu'il vous faut desnouer vos esguillettes et excrementer sur un des bouts de la planche. Elles ne manqueronttoutes de se trouver au rendez-vous à l'assignation, principalement si le
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vent souffle à propos et que l'odeur merdique leur ait pénétré dans l'antichambre du cerveau ; ils vous feront place nette , et alors vous passerez librement sur la planche, sans lestoucherny leur faire tort.
Question LXIII.
Quel est l'animal le moins glorieux.
Tabarin.
Ostre maistre, qui est l'animal le moins glorieux des animaux ?
Le Maistre. C'est l'homme, Tabarin ; car, bien qu'il ait le moyen de s'extoller et se glorifier par dessus toutes les créatures , comme estant le plus parfaict et le plus excellent, toutesfois il ne se glorifie sinon en une seule chose ' , sçavoir est, d'estre homme. C'est sa plus grande gloire , et où il se sent relevé par dessus toutes choses ; et, bien que plusieurs des animaux ayent des particularitez qui surpassent en quelque chose ceste nature humaine, comme le lynx en la veue, les chiens en l'odorat, le cerf en la course, le lion en la force 2, et autres telles proprietez où la nature s'est voulu esgayer pour montrer sa puissance et déclarer son industrie,