‹ uvres complètes de TabarinChapitre 7 sur 123 · L'IMPRIMEUR AU LECTEUR · texte numérisé non relu

L'IMPRIMEUR AU LECTEUR

Uelques uns s'estonneront peut-estre du frontispice de ce livre, et l'estimeront indigne de paroistre devant le monde, fondez (^>^^^ premièrement sur cette raison, que la vieillesse de celuy qui en a jette les fondemens devoit s'employer à quelque chose de meilleur et qui fust correspondant à son aage (aussi jamais le but de l'autheur ne fust de luy faire voir la lumière, ains de le faire plustost pour son particulier et pour s'esgayer en ses vieux jours, ayant esté dès son bas aage d'un humeur assez libre , que pour autres considérations qui regardast le public); mais, ayant treuvé le moyen d'en tirer une copie, j'en ay voulu faire part aux curieux, qui peut-estre le trouveront d'un goust assez délectable pour estre purement et simplement extraict des plus gentiles Rencontres deTabarin, et en cecy je ne crois offenser personne, ny pour le regard de celuy qui en est le premier inventeur, ny pour ce qui concerne ceux qui en feront la lecture. Je ne leur demande qu'une seule chose, sçavoir, qu'ils ayent la veuë aussi chaste en lisant ces plaisanteries que leurs oreilles ont esté pudiques à entendre l'original , et que le ju-

i . L'édition originale du Recueil est la seule qui reproduise cette pièce et l'ode qui la suit.

6 Ode.

gement qu'ils ont fait de Tabarin, en l'entendant, soit le mesme qu'ils feront de ce discours en le lisant. Que si, au reste, ces Rencontres semblent estre trop libres, les accusations qu'ils en dresseront ne doivent tomber sur l'autheur qui les a transcriptes, ains sur l'inventeur qui les a espreintes de Pesponge de ses imaginations. Jouxte que l'on doit concéder et permettre quelque chose au temps auquel ce livret a esté imprimé (sçavoir aux jours gras) : tout est alors de caresme-prenant, et ne doit-on s'estonner si, parmy ces Rencontres, il s'y rencontre des choses nullement déguisées, ains naturellement dépeintes. Celuy qui les a excogitées ne parla jamais en feintise, ains avec pleine liberté. Adieu.

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