Il résulte évidemment de ces phénomènes et de toutes
les autres expériences que j'ai pu faire, que, dans des yeux
bien conformés, les centres des deux rétines correspon-^
deni l'un à l'autre avec une harmonie parfaite; et que
tous lesr autres points de l'une des rétines correspondent
avec la même harmonie ^ux points semblablement situés
de l'autre. En sorte que les images qui tombent sur les
>oints correspondants des deux rétines ne présentent
li'un seul et même objet à l'esprit, alors, même' que dans
réalité il y en a deux; tandis que les, images qui tom-
mt sur des points non-correspondants des deux rétines,
jBsentent toujours deux apparences visibles, alors même
4il n'y a réellement qu'un seul objet. Il s'ensuit d une
pt que deux i nages qui tombent sur des points cprres
248 eHAPITRE YI. SECTION Xïll.
pondants des deux rétines , présentent la même apparence à l'esprit que si elles étaient tombées toutes les deux sur le même point d'une seule; et d'autre part, que les images qui se peignent sur des points non-correspondants des deux rétines offrent à l'esprit leurs deux objets à la même distance et dans la même position apparente, que si ces images étaient tracées toutes deux sur les points correspondants d'une seule rétine.
Cette rekltion sympathique entre les points correspondants des deux rétines n'est point une hypothèse; je la pose comme un fait général de la vision. Tous les phénomènes de doublé ou de simple vision que j'ai rapportés , nous conduisent à ce fait général, et en sont des conséquences nécessaires; il se trouve invariablement vrai dans tous les yeux sains , si je puis m'en fier aux expériences nombreuses et variées que j'ai faites sur mes propres yeux, et que d'autres personnes ont bien voulu répéter à ma prière. La plupart des hypothèses imaginées pour résoudre les phéuomènes de la simple et de la double vision, supposent ce fait général, quoique leurs auteurs ne le connusserit point. Newton, qui ét^it un philosophe trop judicieux et un observateur trop exact pour offrir même uue conjecture qui ne se serait pas accordée avec les faits qui résultaient de ses observations , propose une question sur la cause de ce fait général '. Le savant et ingénieux docteur Smith, a confirmé la vérité du même fait par sa propre expérience ^; il l'a confirmée non-seulement quan à l'unité apparente des objets dont les images tomber sur les points correspondants des rétines, mais encot quant à la distance visible des deux apparences du mène objet lorsqu'il est vu double.
* Oplique, qiiest. i^.
* Oplinuc, liv. I,§ i37,