‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 184 sur 270 · Le poète signe dans ce vers final · texte numérisé non relu

Le poète signe dans ce vers final

Les ballades qui suivent sont toutes pièces détachées, et sans ressemblance dans les sujets, | La première est une exhortation morale écrite dans quelque moment de repentance effective du poète, au cloître Saint-Benoît sans doute, comme amende honorable des méfaits de son existence, car elle s'adresse aux enfants perdus, mais sur un ton pieux, rapaisé, bien différent de la brûlante menace de mort et de perdition physique qui retentit dans le Grand Testament. .. La seconde est une pièce politique. Le poète s’y range dans le parti français contre la faction bourguignonne, dont le souvenir durait encore, avec Saint-Benoît tout entier, qui avait tenu pour le roi dans la guerre civile. | La troisième est une demande d'argent Le duc de Bourbon y paraît comme protecteur du poète. Peut-être elle fut écrite au cours des vagabondages qui le conduisirent à Moulins chez le prince. L’allusion de la croix, qui s’y trouve, cst la même que celle ‘du Grand Testament :

Et cheminant sans croix ni pile,

au passage où il conte ce voyage, Marot a laissé des modèles de ces requêtes, où le poète expose sa misère en badinant. Celleci est tout à fait de son style, et a servi de modèle à lui-même. Par exception cette ballade porte deux envois, dont un dans le style des chansons de Pétrarque ct des troubadours.

La quatrième pièce, la cinquième et la sixième, sont des amusements poétiques, un entassement de propositions rompues, de proverbes dans l’une, de synonymes dans l’autre, de coq-à-l’âne dans la troisième. Gaston Paris dit que sans le nom de Villon, ces pièces passeraient assez inaperçues. C’est faire de l’abondance verbale et pittoresque un mépris qui ne sera partagé par aucun

ami des vers. Les proverbes surtout sont admirables, d'une net-

teté, d'un éclat, d'une variété chaïniante. La rimé en ise, reprise de vingt manières, y rivalisé par l’abondance, avec la rime en - inse de Voltaire.

La troisième de ces pièces estimitée d’urie ballaädé d’ Âläin Chartier, dont elle fournit le conire-pied, ou si l’on vetit, la parodie: Ce dernier commence ainsi

Il n’est danger que de vilain, N'orgueil que de pauvre enrichi, Ne chère que d'homme joyeux::

Il ya ee la réplique dé Villon ün ait de pläisahte impatience, la même qui a ihspité les Contredits Franc-Gontier, patodie d’un autre genre, dans le Grand Testament.

Le premier vers de la septième ballade : Je meurs de soif auprès

de la fontaine, est celui que Charles duc d'Orléans mit au concours en 1456, coïime thème qu'il invitait les poëtes à mettre en rime, et dont il existe plusieurs pièces outre la sienne. Cela suffit pour rattacher celle de Villon à ce concours, soit qu'il ÿ ait réellement pris part, soit que pris d’'émulation il ait voulu montrer ” après coup qu'il n’était pas indigne de concourir. Des coq-à-l'âne du même genre que ceux de la ballade précédente, la remplissent.

Le plaisant rondeau qui vient en dernier lieu, vise un personnage qui échappe.

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