Ea 1669. Voyez tome XIU, page
2. Le chapelain Nordberg prétend que le czar força le quatrième homme de ses sujets capables de porter les armes de le suivre à cette guerre. Si cela eût été vrai, Tarmée eût été au moins de deux millions de soldats. {Note de Voltaire»)
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c'est-à-dire pour son lieutenant, Pintendant des douanes de Turquie. Il comptait que tous les Grecs * se rangeraient de son parti ; les patriarches grecs l'encouragèrent à cette défection, te czar ayant donc fait un traité secret avec ce princef et l'ayant reçu dans son armée, s'avança dans le pays, et arriva, au mois de juin 1711, sur le bord septentrional du flenve Hiérase, aujourd'hui le Pruth, près d'Yassi, capitale de la Moldavie.
Dès que le grand vizir eut appris que Pierre Alexiowitz marchait de ce côté, il quitta anssitôt son camp, et, suivant le cours du Danube, il alla passer ce fleuve sur un pont de bateaux, près d'un bourg nommé Saccia, au même endroit où Darius fit construire autrefois le pont qui porta son nom. L'armée turque Itt tant de diHgence qu'elle parut bientôt en présence des Moscovites, la rivière du Pruth entre deux.
Le czar, sûr du prince de Moldavie, ne s'attendait pas que les Moldaves dussent lui manquer ; mais, souvent, le prince et les sujets ont des intérêts très-différents. Ceux-ci aimaient la domination turque, qui n'est jamais fatale qu'aux grands, et qui affecte de la douceur pour les peuples tributaires; ils redoutaient les chrétiens, et surtout les Moscovites, qui les avaient toujours traités avec inhumanité. Ils portèrent toutes leurs provisions à l'armée ottomane :Jtos entrepreneàgr, qui s'étaient engagés à fournir des vivres aux lifecovitcs, 4(iî%tèrent avec le grand vizir le marché même qu'ib^iivaient fait avee le czar. Les Valaques, voisins des Moldaves, montrèrent jjfux Turcs la même affection : tant l'ancienne idée de la barbarie moscovite avait aliéné tous les esprits.
Le czar, ainsi trompé dans ses espérances, peut-être trop légèrement prises, vit tout d'un coup son armée sans vivres et sans fourrages. Les soldats désertaient par troupes, et bientôt cette armée se trouva réduite à moins de trente mille hommes près de périr de misère. Le czar éprouvait sur le Pruth, pour s'être livré à Cantemir, ce que Charles XII avait éprouvé à Pultava pour avoir trop compté sur Mazeppa. Cependant les Turcs passent la rivière, enferment les Russes, et forment devant eux un camp retranché. Il est surprenant que le czar ne disputât point le passage de la rivière, ou du moins qu'il ne réparât pas cette faute en livrant bataille aux Turcs immédiatement après le passage, au lieu de leur donner le temps de faire périr son armée de faim et de fatigue. Il semble que ce prince fit dans cette cam-
1. M. Beuchot a mis v I<;s Grecs n, au lieu de « ses gens », d'après une annotation de Wagnière. Voyez son Avertissement, page 120, note 2.