‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 211 sur 420 · Alinéa postérieur aux premières éditions · texte numérisé non relu

Alinéa postérieur aux premières éditions

3. Sur les affaires de France à cette époque, consultez les chapitres xxu et xxni du Sièelede Lattis XIV, tome XIV.

3e8 HISTOllE DE CHAALfiS XIL

homme intrépide qui, a'ayani pas alors one fortune sdou soo courage, et charmé d'ailleurs de ia r^putatioa du roi de Suède, était venu ches les Turcs dans le dessein de se mettre au senrice de ce prince.

M. de Fienôlle, avec Taide de ce jeune homme, écrivit un mémoire au nom du roi de Suède, dans lequel ce monarque demandait vengeance au sultan de rinsulte Mte en sa personne à toutes les têtes couronnées, et de la trahison vraie ou faïusse du kan et du hacha de Bender.

On y accusait le vizir et les autres ministres d'avoir été corrompus par les Moscovites, d'avoir trompé le Grand S^gneur, d'avoir empêché les lettres du roi de parvenir jusqu'à Sa Hautesse, et d'avoir, par ses artifices, arraché du sultan cet ordre si contraire à l'hospitalité musulmane, par lequel on avait violé le droit des nations d'une manière si indigne d'un grand empereur, en attaquant avec vingt mille hommes un roi qui n'avait, pour se défendre, que ses domestiques, et qui comptait sur la parole sacrée du sultan.

Quand ce mémoire fut écrit, il CaïUut le &ire traduire en turc, et l'écrire d'une écriture particulière sur un papier feit exprès, dont on doit se servir pour tout ce qu'on présente au •oitao.

On «^adressa à quelques interprètes français qiii étaient dans Ja ville ; mais les afTaires du roi de Suède étaient si dése^rées, et le vizir déclaré si ouvertement contre lui, qu'aucun interprète n'osa seulement traduire l'écrit de M. deFierville. On trouva enfin on antre étranger, dont la main n'était point connue à la Porte, qui, mofeoDant quelque récompense et l'assurance d'un secret profond, traduisit le mémoire en turc, et l'écrivit sur le papier convenable ; le baron d'Arvidson, officier des troupes de Suède, contrefit la signature du roi. Fierville, qui avait le sceau royal, l'apposa à l'écrit, et on cacheta le tout avec les armes de Suède. VilleloDgue se chargea de remettre lui-même ce paquet entre les mains du Grand Seigneur, lorsqu'il irait à la mosquée, selon la coutume. On s'était déjà servi d'une pareille voie pour présenter au sultan des mémoires contre ses ministres ; mais cela même rendait le succès de cette entreprise plus difficile, et le danger beaucoup plus grand.

Le vizir, qui prévoyait que les Suédois demanderaient justice 6 son maître, et qui n'était que trop instruit par le malheur de ses prédécesseurs, avait expressément défendu qu'on laissât approcher personne du Grand Seigneur, et avait ordonné surtout

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