MOSCOU
Quand on a remonté la Duina du nord au sud, on arrive au milieu des terres à Moscou, la capitale de l'empire. Cette ville fut longtemps le centre des États russes, avant qu'on se fût étendu du côté delà Chine et de la Perse.
Moscou, situé par le 55' degré et demi de latitude, dans un terrain moins froid et plus fertile que Pétersbourg, est au milieu d'une vaste et belle plaine, sur la rivière de Mbska S et de deux autres petites qui se perdent avec elle dans l'Occa, et vont ensuite grossir le fleuve du Volga. Cette ville n'était, au xiir siècle, qu'un assemblage de cabanes peuplées de malheureux opprimés par la race de Gengis-kan.
Le Kremelin *, qui fut le séjour des grands-ducs, n'a été bâti qu'au xiv"* siècle, tant les villes ont peu d'antiquité dans cette partie du monde. Ce Kremelin fut construit par des architectes italiens, ainsi que plusieurs églises, dans ce goût gothique, qui était alors celui de toute l'Europe; il y en a deux du célèbre Aristote de Bologne, qui florissait au xv" siècle; mais les maisons des particuliers n'étaient que des huttes de bois.
Le premier écrivain qui nous fit connaître Moscou est Oléarius ^, qui, en 1633, accompagna une ambassade d'un duc deHolstein, ambassade aussi vaine dans sa pompe qu'inutile dans son objet. Un Holstenois devait être frappé de l'immensité de Moscou, de ses cinq enceintes, du vaste quartier des czars, et
i. En pusse, Mostkwa. (No'e de Voltaire), — « A réirtrd de l*orthograph(), «Privait Voltaire à Sriiouvaloff, on demande la |ieriin8*<ion de se conformer à Tusa^ de la laniTue dan^ laquelle on écrit. On mettra au bas des pages les noms propres tels qu'on les pronnnre dans la langue rusbe. »