‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 37 sur 420 · Mémoires de Motteville. {Note de Voltaire · texte numérisé non relu

Mémoires de Motteville. {Note de Voltaire

2. Le cardinal de Retz, dans ses Mémoires, dit que Particelli avait été condamné à être pendu. Mais l'arrêt du parlement, du 9 avril lO'ZO, confirmatif d'une sentence de la Conservation de Lyon, porte seulement qu'il était condamné à faire amendehonorable, pieds et tête nus, en chemise^ avec un écriteau portant ces mots : Ban^ queroutier frauduleux, La Conservation de Lyon, tribunal de commerce, ne prononçait pas la peine de mort. (B.)

domestiques du roi et des siens, à diminuer jusqu'à la dépense de la nourriture*. Il fallut encore que plusieurs personnes de la cour lui prétassent de l'argent.

Dans cette extrémité, le cardinal Mazarin, qui ne se raidissait pas contre les difficultés comme Richelieu, lui conseilla de mener une seconde fois le roi son fils au parlement, pour accorder tout ce que Tétat présent des affaires ne permettait pas de refuser.

Ce lit de justice* ne réussit pas mieux que le reste. L'avocat général Talon eut beau dire au jeune roi « qu'il fît réflexion sur la diversion naturelle des maisons célestes , sur l'opposition des astres et des aspects contraires qui composent la beauté de la milice supérieure »; le chancelier ayant accordé de la part du roi plus qu'on ne demandait, et défendu seulement les assemblées des chambres, qui ne devaient pas se faire sans la permission de la cour, on s'assembla dès le lendemain.

Cette obstination fut d'autant plus douleureuse pour la reine que, dans ce temps-là même, la fille de Henri IV, femme de Charles I", roi d'Angleterre, se réfugiait en France avec ses enfants, et que le parlement d'Angleterre préparait l'échafaud sur lequel Charles I" porta sa tête. Ce nom seul du parlement troublait le cœur d'Anne d'Autriche, quoique le tribunal de Paris appelé parlement n'eût rien de commun avec le parlement d'Angleterre. Le chagrin la rendit malade, et le peuple n'eut point pitié d'elle.

Non-seulement le brigandage des finances avait irrité les tribunaux et les citoyens , mais on était ulcéré de ces emprisonnements et de ces exils, armes de vengeance que les ministres employaient contre leurs ennemis au mépris des lois du royaume. On ne s'en était pas servi sous le gouvernement sage et ferme du

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