Histoire du Pa'-lemekt H
8â CHAPITRE LXV.
miDuit. Il n'y arait jamais eu d'exemple d'une telle séance. Frère Boitin fut encore condamné à l'aumône, et le parlement ordonna à Tarchevêque de ne plus commettre de scandale. Le procureur généml, le dimanche des Rameaux, va, par ordre du parlement, exhorter l'archevêque à donner les huiles à l'abbé Le Maire, qui se mourait ; le prélat le laissa mourir, et courut à Versailles se plaindre au roi que le parlement mettait la main à l'encensoir. Le pi^emier président de Maupeou court de son côté à Versailles* ; i) avertit le roi que le schisme se déclare en France, que l'archevêque li^ouble l'État, que les esprits sont dans la plus grande fermentation ; il conjure le roi de faire cesser les troubles. Le roi lui remet entre les mains un paquet cacheté, pour l'ouvrir dans les chambres assemblées. Les chambres s'assemblent, on lit l'écrit signé du roi qui ordonne que les procédures contre Boitin seront annulées. Le parlement, à cette lecture, décrète Boitin de prise de corps, et l'envoie saisir par des huissiers. Le curé s'échappe. Le roi casse le décret de prise de corps. Le premier président de Maupeov, avec plusieurs députés, porte au roi les remontrances les plus amples et les plus éloquentes qu'on eût encore faites sur le danger du schisme, sur les abus de la religion, sur l'esprit d'incrédulité et d'indépendance que toutes ces malheureuses querelles répandaient sur la nation entière. On lui répondit des choses vagues, selon l'usage.
Le lendemain*, le parlement se rassemble : il rend un arrêt célèbre par lequel il déclare qu'il ne cessera point de réprimer le spandale; que la constitution de la bulle Vnigenitus n'est point un article de foi, et qu'on ne doit point soustraire les accusés aux poursuites de la justice. On acheta dans Paris plus de dix mille exemplaires de cet arrêt, et tout le monde disait : Voilà mon billet ih confession.
Comme le théatin Boyer avait fait donner le siège de Paris à un prélat constitutionnaire^ ce prélat avait aussi donné les cures d dos prêtres du même parti. Il ne restait plus que sept à huit iMiré» attachés à l'ancien système de l'Église gallicane.
L*archovêque ameute les constitutionnaires, signe et envoie au rt)l une requête en faveur des billets de confession contre les «n*êt» du parlement : aussitôt les chambres assemblées décrètent li^ curé do Saint-Jean-en-Grève , qui a minuté la requête; le
t 15 uvrll nW. (Note de Voltaire.) 1 IHftvrll. (/d.) 3. Yoyoi ptgo 70.
conseil casse le décret, et maintient le curé. Le parlement cesse encore ses fonctions, et ne rend plus la justice que contre les curés. On met en prison des porte-Dieu, comme si ces pauvres porte-Dieu étaient les maîtres d'aller porter Dieu sans le concours du curé de la paroisse.
De tous côtés on portait des plaintes au parlement de refus de sacrements. Un curé du diocèse de Langres, en communiant publiquement deux filles accusées de jansénisme, leur avait dit: (t Je vous donne la communion comme Jésus Ta donnée à Judas. » Ces filles, qui ne ressemblaient en rien à Judas, présentèrent requête; et celui qui s'était comparé à Jésus-Christ fut condamné à Tamende honorable et à payer aux deux filles trois mille francs, moyennant lesquels elles furent mariées. On brûla plusieurs mandements d'évêques, plusieurs écrits qui annonçaient le schisme. Le peuple les appelait les feux de joie, et battait des mains. Les autres parlements du royaume en faisaient autant dans leur ressort. Quelquefois la cour cassait tous ces arrêts ; quelquefois, par lassitude, elle les laissait subsister. On était inondé des écrits des deux partis. Les esprits s'échauffaient. Enfin l'archevêque de Paris, ayant défendu aux prêtres de Saint-Médard d'administrer une sœur Perpétue du couvent de Sainte-Agathe, le parlement lui ordonna de la faire communier, sous peine de la saisie de son temporel.
Le roi, qui s'était réservé la connaissance de toutes ces affaires, blâma son parlement, et donna mainlevée à l'archevêque de la saisie de ses rentes. Le parlement voulut convoquer les pairs, le roi le défendit ; les chambres assemblées insistèrent, et prétendirent que l'affaire de sœur Perpétue était de l'essence de la pairie. « Ces défenses, dit l'arrêté, intéressent tellement l'essence de la cour et des paire, et les droits des princes, qu'il n'est pas possible au parlement d'en délibérer sans eux. » Un arrêt du conseil du roi ayant été signifié au greffier du parlement sur cette affaire, le 2k janvier 1753, contre les formes ordinaires, le parlement en demanda satisfaction au roi même « par la suppression de l'original et de la copie de la signification ».
Ce corps continuait toujoure à poureuivre avec la même vivacité les curés qui prêchaient le schisme et la sédition. Il y avait un fanatique nommé Boutord, curé du Plessis-Rosainvilliers *, chez qui les jésuites avaient fait une mission; quelques magistrats qui avaient des maisons de campagne dans cette paroisse n'étaient
i. Dans le diocèse d'Amiens ; voyez, tome XV, le chapitre xxxvi du Précis du Siècle de Louis AT.
miu»*flr!ML iH5 .naiiin* IL cïl ruEPb ILjKornrâ^iuieTOLï furieuse te «vrir D* J^ifi^L j» içuteii 7Hi«?nistgs. caJiinKtes et athées, 'H' jmr lir < gt'i i«sir jf icsimar i ssonçisr ses maÎDs dans leur mas^ ' Zjè jsurjsmisis: i^ m nimànsmst wmrt&ftl qu aa bannisse-
Lii-7iii*wifnifct iti 3r± iiuiu: Ji iwrt «& «» &satîqiie. Mais sur il»* iTîîikj^ te jgt^rgmtMigf^ j^ ury^^ nt gisâgneat étaient toujours <îaa»»ft. Oioime a i^fiaiïin: liKifr ZuTâHmtçnr ée b métropole à «tanner lâ «tïimmiiimia. Du» jqjfHCTniîf xli^iràiiifas^ épargnés. On ^av^iu^ iiiirT^^ni: ^b^ àiimig^ x ^Ji:ûf9as^ <é: ^ CSaitres ponr faire fei!^^iLr rauTJianHtîe^ £ a> x«aâ: ;£^xi£d$ «èf- :affliiiàBiK oik il n*T eût on arrêt *ixL ^^nsaoBi ^a<Lr «numsaiiàËr t^K* FtètaBdiie de son ressort. <»t ïm. arr^t <࣠iD^âeS wur im^ KiiiiiMiièiii |tts«. Ce qui aimt le pio^ ks^ <^rtiSw <i^ ÛLt fei&vieaDa^ «fe scvr F»pêtne. L'^rriLev^fpie ^ie P^rs> ^ôiisc oji «ic&if é^ It cimv pour faire exiiever ceœ âiie. •^lî voo^kîtciiflHwsiiàiraaj^siè'kuL OBdt^>ersa k» reiigxease» ie» ei>fliç«^if&. 1^ ^lecii^ c^MOKSJBMÉê de Sainte- JkçoLthj^ fax ftliseoaû^. Les ^Kenfiîtkes jyûdrvsâ k^ Invts ciis, et iaiHifièf^&t la Fraji^e 4tle iLlbeik^ Ib ;àft««apnai«itla<telnaclîon de la BiMiântMe. Le parieflKftt etiù): miî^nk^ penanii qpe Faffiaire de ^aint^^-^adie ex^ieatt k cv^siwalMi des^ pyùs d« rojaiune. Le n>î pefâ<fiait à soaËe&ir que k& «nMHEWUHH» n^èlsll pas une afiûredeia pairie.
Bans des temps bdmmbs éirlairés. ces^ pwfflilès auraient pu soliTeftir la France. Le Êuiatbme s^arme difê^ amMiies prétextes. Le mot seul de sacrement aurait Éùi ler^er le sui$ d^an bout du royaume à Fautre. Les eTéque> aaraîent interdit ks lilks, le pape aurait soutenu ks ê^équess on aurait levé dks InMqpespoar communier le sabre à la main : mab le mépris que liovs les honnêtes gens avaient pour le fond de ces disputas sauva la Ftanee. Trois ou quatre cents convulsionnairesde la lie du peuple paisaient,à la Térilê, qu'il fallait s'égorger pour la bulle et pour sœur Perpétue : le reste de la nation n en croyait nen. Le parlement était devenu cher aux peuples par son opposition à Tarcbevéque et aux arrêts du conseil; mais on se bornait à Taimer^ sans qull tombât dans la tête d'aucun père de famille de prendre les armes et de donner de l'argent pour soutenir ce corps contre la cour, comme on avait fait du temps de la Fronde. Le parlement, quiavait pour lui la faveur publique, sopiniàtrait dans ses résolutions, quil croyait justes, et n'était pas séditieux.
i. 6 ftfrif'.r 1753. (Xote de Voltaire,)
SDITE DES FOLIES. 85
Les refus de sacrements, les querelles entre la juridiction civile et les prétentions ecclésiastiques, s'étant multipliés dans les diocèses de Paris, d^Amiens, d'Orléans, de Chartres, de Tours; les jésuites soufflant secrètement cet incendie ; les jansénistes criant avec fureur; le schisme paraissant près d'éclater, le parlement avait préparé de très-amples remontrances, et il devait envoyer au roi une grande députa tion. Le roi ne voulut point la recevoir; il demanda préalablement à voir les articles sur lesquels ces représentations porteraient; on les lui envoya ^ : le roi répondit qu'ayant examiné les objets de ces remontrances, il ne voulait point les entendre.
Les chambres s'assemblent aussitôt; elles déclarent qu'elles cessent toute espèce de service, excepté celui de maintenir la tranquillité publique contre les entreprises du clergé *. Le roi leur ordonne, par des lettres de jussion, de reprendre leurs fonctions ordinaires, de rendre la justice à ses sujets, et de ne se plus mêler d'affaires qui ne les regardent pas. Le parlement répond au roi qu'il ne peut obtempérer. Ce mot obtempérer fit à la cour un singulier effet. Toutes les femmes demandaient ce que ce mot voulait dire ; et quand elles surent qu'il signifiait obéir, elles firent plus de bruit que les ministres et que les commis des ministres.
Le roi assemble un grand conseil ^ On expédie des lettres de cachet pour tous les membres du parlement, excepté ceux de la grand'chambre. Les mousquetaires du roi courent dans toute la ville pendant la nuit du 8 au 9 mai, et font partir tous les présidents et les conseillers des requêtes et des enquêtes pour les lieux de leur exil. On envoie avec une escorte l'abbé Chauvelin au Mont-Saint-Michel, et ensuite à la citadelle de Caen; le président Frémont de Mazy, petit-fils d'un fameux partisan , au château de Ham en Picardie ; le président de Moreau de Nassigny *, aux îles de Sainte-Marguerite; et Bèze de Lys, à Pierre-Encise.