‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 99 sur 420 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ARGUMENT

Hisioire abrégée de la Suède jusqu'à Charles XII. Son éducation; ses ennemis. Caractère du czar Pierre Alexiowitz. Particularités très-curieuses sur ce prince et sur la nation russe. La Moscovie, la Pologne et le Danemark se réunissent contre Charles XII.

La Suède et la Finlande composent un royaume* large d'environ deux cents de nos lieues, et long de trois cents. Il s'étend du midi au nord depuis le cinquante-cinquième degré, ou à peu près, jusqu'au soixante et dixième, sous un climat rigoureux, qui n'a presque ni printemps ni automne. L'hiver y règne neuf mois de l'année : les chaleurs de l'été succèdent tout à coup à un froid excessif; et il y gèle dès le mois d'octobre, sans aucune de ces gradations insensibles qui amènent ailleurs les saisons, et en rendent le changement plus doux. La nature, en récompense, a donné à ce climat rude un ciel serein, un air pur. L'été, presque toujours échauffé par le soleil, y produit les fleurs et les fruits en peu de temps. Les longues ouits de l'hiver y sont adoucies par des aurores et des crépuscules qui durent à proportion que le

1. Variante : « ...Un tiers plus grand que la France, mais bien moins fertile, et aujourd'hui moins peuplé... a

> --. . iruvn? de la lune, qui

• .: c^ . 1 ic!Ur?atee encore par le

^ . - - •■^>. it :n>s-souvent par des

- ' ..icuie". tait qu'on voyage en

. .."^ H'Siiau.x y sont plus petits que

« . ..• 'ï'in.M.)e. faute de pâturages. Les

- -. ' ^ -Mite du ciel les rend sains, la ri-

■ A i> vivent longtemps, quand ils ne

• >::^- uunodéré des liqueurs fortes et des

^ > >xi'it=«iinonales semblent aimer d'autant

x .1*1 .1 rei'ust's.

*!.'i .ails, robustes, agiles, capables de sou- > î.t»aa\. la faim et la misère; nés guerriers, •tiis >aivos qu'industrieux, ayant longtemps /..t. • luù aujourd'hui le commerce, qui seul pour- .1 ♦' [ui manque à leur pays. On dit que c'est X d Miode, dont une partie se nomme encore . X ^ViiiOreut ces multitudes de Goths qui inondèrent ■: I .K-iKMvnt à l'empire romain, qui en avait été cinq . . X 'i.Miipateur, le législateur et le tyran. X >;rtt'iiuionaux étaient alors beaucoup plus peuplés V. ... W nos jours, parce que la religion laissait aux \ iLvite de donner plus de citoyens à TÉtat par la . Viiis femmes; que ces femmes elles-mêmes ne coni',>i»iobre(tuela stérilité et Toisiveté, et qu'aussi labo- . xù robustes que les hommes, elles en étaient plus tôt . .^'.ii^ïs fécoudcs. Mais la Suède, avec ce qui lui reste . . .0 !a Finlande, n'a pas plus de quatre millions X. i.i' [Mjs est stérile et pauvre. La Scanie est sa seule ^.., :»v»iii* du fixmient. Il n'y a pas plus de neuf millions , ,. . ^ X » ^*a argent monnayé dans tout le pays. La banriue .. », A, .N. ^»*. ^'^i la plus ancienne de TEurope, y fut introduite . . X V N VK iv'. Mi vo tiuo les payements se faisant en monnaie de .V . , ^' o». =1' iransport était trop difficile.

* .A ^ ui iiuijoui^s libre jusqu'au milieu du xiv* siècle.

^ . , AiNU'o do temps, le gouvernement changea plus

.^^ iuii> iouios les innovations furent en faveur de

\, ■. „: *;\'am'r magistrat eut le nom de roi, titre qui,

,x...,.x \i>^ M* vionue à des puissances bien différentes;

•.. .X. .ii b.N|M^ne, il signifie un homme absolu, et en

V i'\>* ^^ii\o«l |Kir la lumière boréale. »

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