‹ Œuvres complètes der A.F OzanamChapitre 107 sur 243 · III. Le Commerce, condition essentielle de la vie morale · texte numérisé non relu

III. Le Commerce, condition essentielle de la vie morale

4° Pour le développement des facultés intellectuelles; il prépare des loisirs, impossibles si chacun devait pourvoir par lui-même à l'universalité de ses besoins.

2° Pour le développement des sentiments moraux; — il apprend aux hommes à se connaître sous un rapport d'utilité réciproque, il les exerce à distinguer le bien et le mal.

3° Pour les progrès de la liberté publique. — En enrichissant le pauvre, il le met en état d'acheter des droits et du pouvoir. Il mobilise la richesse et par conséquent la puissance; il ouvre une libre concurrence aux capacités. — L'aristocratie territoriale héréditaire du moyen âge, détruite par le mouvement industriel des temps modernes. Au droit du plus fort a succédé celui du plus habile, pour faire place à celui du plus juste.

Section IL — Réaction de la Société sur le Commerce. I. Sûreté.

i* Le Commerce repose sur la spéculation, la spéculation sur l'attente. L'attente est le pressentiment des jouissances et des peines futures ; c'est une chaîne à tous les anneaux de laquelle s'étend la sensibilité humaine. La sûreté, c'est le bienfait des lois, qui garantissent autant qu'il est en elles la réalisation de l'attente.

2° Il n'est, en effet, pas nécessaire que la Loi pourvoie immédiatement à la production des richesses : l'homme y est intéressé par ses besoins.

Mais il y a des périls : fraude, violence. Il faut que la Loi protège l'homme pendant qu'il travaille, et les fruits de son labeur après qu'il a travaillé. Si l'industrie crée, c'est la Loi qui conserve. — Normandie : Piollon. — Exemple de la guerre.

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