CHAPITRE II
De la vertu de Religion au regard des saintes Reliques.
On portera une grande vénération à toutes sortes de saintes Reliques, mais spécialement à celles que l'on aura en chaque maison.
On les gardera avec grand soin et respect, en la sacristie, dans un lieu propre et convenable qui ne servira qu'à cela, et qui fermera à trois clefs, lesquelles seront entre les mains du Supérieur de la maison, du premier Assistant et du Sacristain ; ou bien en des reliquaires bien propres, qui seront attachés à l'autel.
Les chasses ou reliquaires qui les contiendront seront si bien soudés et fermés, qu'on ne les puisse ouvrir facilement.
Personne n'en prendra pour soi, ni n'en donnera à qui que ce soit, ni hors la Communauté, ni dans la Communauté, sans exception ni d inférieur ni de supérieur, à moins que d'être tenu pour un sacrilège.
On ne les portera point hors la maison, pour les prêter à des malades ou autres ; mais seulement quelque chose qui ait touché aux chasses ou reliquaires.
On n'en donnera point aussi à aucune Communauté, si ce n'est pour quelque grande cause, et avec la permission du Supérieur de la Congrégation et le consentement de toute la Communauté de la maison où elles sont '.
On les exposera seulement aux fêtes de Noël, de Iniques, de la Pentecôte, de la sainte Trinité, du Saint- Sacrement, de la Toussaint, et à celles de Notre-Seigneur,
1. La première rédaction contenait ici cette phrase, qui a été biffée sur le manuscrit : « Une maison néanmoins en pourra donner à une autre de la Congrégation, moyennant la permission du même Supérieur. »
de sa sainte Mère, de saint Joseph, de saint Gabriel, de saint Michel, de saint Joachim, de sainte Anne, des saints Apôtres, des saints Prêtres et Lévites, et les reliques de chaque Saint au jour de sa fête, et celles de la Vraie Croix au Vendredi Saint et aux fêtes de l'Invention et de l'Exaltation de la Sainte Croix.
Quand on les portera du lieu où elles seront gardées en un autre lieu, on allumera un cierge ou deux, qui marcheront devant celui qui les portera, lequel sera revêtu de surplis et d'étole ; et, les ayant posées sur quelque autel, il dira l'Antienne des premières ou secondes Vêpres de l'office des Saintes Reliques, avec l'oraison; puis il les placera au lieu où elles doivent être.
Quand on les rapportera, on allumera encore un cierge ou deux, et auparavant que de les prendre, on dira les mêmes choses.
Elles ne seront point portées par des laïques, mais par des Prêtres, ou par des Diacres ou Sous-Diacres.
Si on les fait baiser au peuple, ce sera au travers d'un verre ou de quelque voile, et non pas à nu.
On ne les produira jamais pour en tirer aucun profit ou lucre temporel.
Le Sacristain en fera un catalogue, qui contiendra aussi leslieux d'où elles sont venues, etquiles a données.
On enfermera les attestations que l'on en aura, avec le susdit catalogue, au lieu où elles seront, dans une boîte en laquelle elles se puissent conserver sans danger de pourriture, ni d'être mangées des vers.